
Retour chez Jane Austen. Le tout premier roman qu’elle ait publié, en 1811, revient au cinéma le 23 septembre en France, porté par Daisy Edgar-Jones. Vous la connaissez pour Normal People, cette série qui l’a révélée, et pour Twisters où elle courait après les tornades. La voilà en Elinor Dashwood, l’aînée raisonnable d’une fratrie de sœurs ruinées par la mort du père, obligées de quitter leur grande maison pour un cottage et de recommencer une vie plus modeste.
Le vrai sujet du livre est resté le même depuis deux siècles : deux tempéraments qui s’opposent. Elinor retient tout, garde ses sentiments sous clé, encaisse sans rien montrer. Sa cadette Marianne, jouée ici par Esmé Creed-Miles, fait l’inverse et se jette dans l’amour tête baissée, quitte à en souffrir. Autour d’elles, on retrouve Caitríona Balfe en mère, George MacKay dans le rôle du timide Edward Ferrars, Frank Dillane en Willoughby et Fiona Shaw en Mrs Jennings. Un joli casting, franchement.
Aux commandes, une réalisatrice qu’on n’attendait pas forcément sur un film en costumes : Georgia Oakley, révélée en 2022 par Blue Jean, un premier long autrement plus intime et politique, primé à Venise. Le scénario est signé Diana Reid, et c’est Working Title qui produit, la maison derrière une bonne partie du cinéma romantique britannique de ces trente dernières années. Autant dire qu’on est en terrain connu.
Avant de retourner en salle, (re)plongez dans le roman de 1811 qui a tout lancé :
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Sauf que voilà le vrai défi. Toute nouvelle Raison et Sentiments traîne derrière elle l’ombre écrasante de celle d’Ang Lee, en 1995, avec Emma Thompson, Kate Winslet, Hugh Grant et Alan Rickman. Sept nominations aux Oscars, un scénario récompensé, et un souvenir tenace pour quiconque l’a vue. Se mesurer à ça relève un peu du casse-tête.
La bande-annonce, elle, mise sur la fraîcheur et sur une distribution plus jeune, ce qui peut redonner du nerf à une histoire qu’on croit connaître par cœur. À voir si le film trouve son propre ton ou s’il se contente d’illustrer sagement le roman, le piège classique du genre.
Pour qui, du coup ? Les amoureux d’Austen, évidemment, ceux qui aiment les romances en robes longues et en non-dits, et les curieux venus pour Daisy Edgar-Jones. Les autres attendront sans doute de voir ce qu’en dit la critique. Rendez-vous le 23 septembre pour trancher.
Crédit photo : Focus Features / Working Title





