
Le 19 août, Nina Bouraoui sort Championne chez JC Lattès. Son trente-cinquième livre. Et pour une fois, elle range l’autofiction qui a fait sa réputation et revient à quelque chose de plus sourd, de plus dur.
L’histoire tient dans un geste répété. Été 1979, un pays qu’elle ne nomme jamais mais où l’on reconnaît l’Algérie. Une adolescente descend au pied de son immeuble et frappe une balle de tennis contre un mur. Seule. Encore et encore. Elle veut devenir championne, pas pour la gloire, mais pour fuir ce qui l’étouffe à la maison: la fureur d’un père, l’amour bancal d’une mère, une sœur qui menace de se briser.
C’est là que le livre devient fort. Le tennis n’est pas un décor sportif, c’est une langue. Chaque frappe contre le mur, c’est une phrase, une façon de reprendre la main sur un corps que la famille et le pays voudraient gouverner à sa place. Apprendre à jouer, ici, c’est apprendre la violence au quotidien. Celle des parents, celle d’une nation qui gronde, celle d’une identité qui n’arrête pas de glisser.
Bouraoui, vous la connaissez peut-être pour Mes mauvaises pensées, qui lui avait valu le Renaudot en 2005. Née en 1967, elle écrit depuis trente ans sur l’exil, la mémoire, les corps empêchés. Sauf que voilà, on la sentait parfois tourner autour de son propre nombril. Championne casse ça. Le personnage n’est pas sympathique, l’autrice ne lui accorde ni médaille ni pardon, et c’est tout à son honneur.
Le roman dont on parle ici, à réserver avant sa sortie le 19 août :
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Alors oui, il faut prévenir: ce n’est pas un roman doux. C’est fiévreux, répétitif par endroits, traversé de colère. Certains trouveront ce souffle épuisant, cette manière de cogner la même image jusqu’à l’usure. Moi, j’y vois exactement le contraire d’un défaut. La répétition, c’est le sujet. On tape, on rate, on recommence, et le corps finit par tenir debout.
Le milieu littéraire ne s’y trompe pas. Championne figure déjà parmi les trente titres en lice pour le Prix du roman Fnac et dans la dizaine retenue par le prix littéraire du Monde. Autant dire qu’on va en entendre parler tout l’automne.
Si vous aimez les romans qui vous prennent au corps plutôt que ceux qui vous bercent, celui-là est pour vous. À réserver dès maintenant, à ouvrir le 19.
Crédit photo : JC Lattès





