Culture

Un enfant de Delhi doté d’un palais surhumain, et François-Henri Désérable en tire le roman de vin le plus romanesque de la rentrée

posted by Vincent 9 août 2026
Couverture du roman Le Palais de François-Henri Désérable, éditions Gallimard

Il y a des dons qui ressemblent à une malédiction. Celui d’Arun en fait partie.

Dans Le Palais, le nouveau roman de François-Henri Désérable, un gamin arrivé de Delhi en 1998 et adopté à huit ans par un couple de restaurateurs de Beaune se découvre un palais absolu. Une mémoire des arômes si précise qu’elle en devient presque inquiétante. Là où vous et moi sentons vaguement le fruit rouge, lui reconnaît le millésime, la parcelle, presque le geste du vigneron.

Le genre de personnage qu’on croit déjà deviner. Sauf que Désérable ne se contente pas d’en faire un prodige sympathique. Il en fait un hors-la-loi dont on savoure les crimes, un génie qui décide de retourner son don contre le petit monde des grands crus bourguignons. La vengeance comme moteur, l’imposture comme terrain de jeu. Et un procès qui plane sur toute l’histoire, quelque part du côté de Dijon.

Le livre voyage beaucoup. On passe des bidonvilles de Delhi aux caves de Bourgogne, des Marquises aux tours de Manhattan, sans que ça sente jamais le catalogue touristique. C’est tenu, c’est rythmé.

Le Palais - François-Henri Désérable (Gallimard)

Le roman paraît le 20 août et se précommande déjà, si l’envie vous prend de le glisser dans votre valise :

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Ce qui frappe surtout, c’est le plaisir de raconter. Désérable écrit ça comme un feuilleton, avec une énergie qui vous embarque et une invention verbale qui fait tout son sel. On rit, on s’attache, on tourne les pages sans s’en rendre compte. Derrière l’aventure, il pose quand même une vraie question, celle de l’authenticité, du vrai et du faux, du prix qu’on accepte de payer pour une bouteille qui ne serait peut-être pas ce qu’elle prétend être.

L’auteur n’en est pas à son coup d’essai. Ancien hockeyeur professionnel devenu écrivain, il avait déjà été finaliste du Goncourt avec Un certain M. Piekielny, puis décroché le Grand Prix du roman de l’Académie française en 2021 pour Mon maître et mon vainqueur. On l’attendait donc un peu au tournant.

Le Palais paraît le 20 août chez Gallimard, 416 pages, 23 euros. C’est l’un de ces romans de rentrée qu’on peut conseiller sans trop de réserves, y compris à ceux qui ne connaissent rien au vin et se fichent bien de la différence entre un premier cru et un grand cru.

Pour tout dire, c’est sans doute le livre le plus purement romanesque de cette rentrée. Et si vous cherchez une lecture d’été qui ne vous prend pas pour un imbécile, celle-là fait largement le job.

Crédit photo : Gallimard

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