Culture

Yard Act a enfin fait un disque comme tout le monde, dans un vrai studio, et ça change tout

posted by Vincent 9 août 2026
Pochette de l'album You're Gonna Need a Little Music de Yard Act : un piano rouge tombant vers une silhouette, sur fond noir

Vous connaissez peut-être Yard Act sans le savoir. Ce groupe de Leeds a débarqué en 2022 avec The Overload, un premier album de post-punk causant, mi-chanté mi-parlé, nommé au Mercury Prize dans la foulée. James Smith y déballait des portraits acides de l’Angleterre de Brexit sur des basses sèches. C’était drôle, mordant, un peu premier de la classe.

Sauf que voilà, jusqu’ici, Yard Act n’avait jamais vraiment travaillé comme un groupe. Les deux premiers disques ont été bricolés dans l’urgence, chacun de son côté, les morceaux écrits séparément puis recollés sur un ordinateur portable. Une méthode qui marche, mais qui finit par s’entendre.

Leur troisième album, You’re Gonna Need a Little Music, sorti le 17 juillet, corrige enfin ça. Pour la première fois, les quatre se sont enfermés ensemble dans un studio, à jouer en même temps, dans la même pièce. Onze titres, une production signée Justin Meldal-Johnsen, un type qui a bossé avec Beck, Nine Inch Nails et St. Vincent, rien que ça.

Et le résultat s’entend tout de suite. Le groupe respire. Là où les deux premiers disques serraient les dents, celui-ci desserre le col. Ça groove, ça avance, il y a même des refrains qu’on retient au premier passage. Smith parle toujours autant, mais sa gouaille se pose sur des morceaux plus amples, plus mélodiques, parfois carrément faits pour rouler vitres baissées.

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La critique anglo-saxonne a plutôt suivi. Rolling Stone y voit leur disque le plus assuré, le plus cohérent, généreux en accroches et incapable de se répéter juste parce que l’ancienne recette marchait. Un vrai compliment, quand on connaît le penchant du groupe pour l’ironie qui tourne à vide.

Il y a bien un petit revers. En gagnant en légèreté, Yard Act perd un peu de cette morsure sociale qui faisait le sel de The Overload. Les fans de la première heure, ceux qui aimaient le côté pamphlet nerveux, trouveront ce disque plus lisse, moins rageur. C’est le prix de la détente.

Mais franchement, on prend. Un groupe qui décide d’arrêter de se mettre la pression et qui en sort libéré, mélodique, presque solaire, c’est plutôt rare et plutôt réjouissant. Si vous aviez lâché Yard Act après le premier album en le rangeant dans la case post-punk rigolo, c’est le moment de rouvrir le dossier. Vous seriez surpris.

Crédit photo : Island Records

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