
Charlie vient de perdre sa grand-mère. Elle prend la route du sud avec une caisse de vieux vinyles disco et une consigne à respecter : remettre la collection à Titou, un caviste rêveur qui n’attendait plus grand-chose de ses matins. C’est le point de départ des Matins merveilleux, le premier long métrage de fiction d’Avril Besson, en salles depuis aujourd’hui.
Le film était passé par Cannes au printemps, en séances spéciales de la Sélection officielle. Pas la case prestige, plutôt celle des découvertes. Et ça se sent, dans le bon sens : on est loin du gros geste d’auteur qui veut en imposer.
Besson prolonge ici son court métrage Queen Size et retrouve son duo de comédiennes, India Hair et Raya Martigny. La première joue Charlie, cabossée mais jamais larmoyante. La seconde incarne Marina, barmaid solitaire qui rêve sa liberté au fond d’un village. Autour d’elles gravite une petite galerie de gens ordinaires, filmés sans une once de condescendance. Et puis il y a Éric Cantona, en caviste fan de disco, qui pose sa carrure et sa voix grave sur un rôle tout en douceur. On ne l’attendait pas forcément là. Ça marche plutôt bien.
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Ce qui frappe, c’est le refus des vannes faciles. Les dialogues préfèrent la banalité vraie à la punchline, les silences pèsent leur poids, les regards font le boulot. La photographie en scope offre à la province française quelques vrais moments de grâce. Une comédie plus douce qu’amère, en somme, qui prend le temps de s’attarder sur des visages qu’on ne regarde à peu près jamais au cinéma.
Sauf que voilà, cette délicatesse est aussi la limite du film. À force de retenue, la mise en scène reste parfois trop sage, au bord du banal simplement filmé. On sent une cinéaste qui n’ose pas encore claquer son style, comme si elle demandait la permission. Du coup, l’ensemble touche sans jamais vraiment décoller. 1h27, ça file vite, peut-être même un peu trop.
Est-ce que ça vaut le déplacement en plein mois de juillet ? Pour moi, oui. C’est le genre de premier film qu’on a envie de défendre justement parce qu’il ne triche pas. On y va pour Cantona en caviste disco, on en ressort avec l’envie de suivre Avril Besson de près. La prochaine fois, qu’elle se lâche pour de bon.
Crédit photo : AlloCiné





