Culture

Le Vertige : Quentin Dupieux passe à l’animation, et c’est aussi barré qu’espéré

posted by Vincent 11 juin 2026
Jacques et Bruno, les deux personnages animés en 3D du film Le Vertige de Quentin Dupieux

Quentin Dupieux change encore de terrain de jeu. Après le pneu tueur, la veste en daim et la mouche géante, le réalisateur le plus prolifique du cinéma français sort cette semaine Le Vertige, son tout premier long métrage d’animation. Présenté en clôture de la Quinzaine des Cinéastes à Cannes, il est en salles depuis mercredi.

Le pitch tient en une phrase. Jacques débarque chez son meilleur ami Bruno pour lui annoncer une nouvelle un peu encombrante : l’humanité vit dans une simulation. À partir de là, tout déraille gentiment, entre failles dans le décor et traversées de miroir.

Au micro, du beau monde. Alain Chabat et Jonathan Cohen forment le duo central, épaulés par Anaïs Demoustier et Jean-Marie Winling. Rien que pour entendre Chabat philosopher sur la nature de la réalité avec son flegme habituel, le détour se justifie.

Mais le plus fascinant, c’est la fabrication. Dupieux a d’abord enregistré ses comédiens, puis capturé leurs mouvements de façon artisanale, avec un iPhone. Le tout a ensuite été transformé en animation 3D sous Blender, un logiciel libre, avec une équipe de cinq jeunes diplômés des Gobelins.

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Le résultat assume un look volontairement daté, quelque part entre Les Sims et les premiers jeux PlayStation. Les bugs visuels ont été conservés exprès, comme ce doigt qui s’enfonce dans une sonnette dès l’ouverture. Dans un film qui raconte justement que notre monde est une simulation pleine de failles, l’idée est franchement maligne : la forme raconte la même chose que le fond.

Alors, ça vaut le déplacement ? Oui, avec une réserve. La première demi-heure est hilarante, le concept est jubilatoire, et le personnage de Bruno, qui flaire vite le filon complotiste de cette révélation, offre à Jonathan Cohen un vrai terrain de jeu. Sauf que voilà : sur la durée, le film tourne un peu en rond et esquive les grandes questions qu’il soulève, préférant la pirouette à la vraie conclusion.

Mais bon, avec ses 68 minutes au compteur, Le Vertige ne vous volera pas votre soirée. C’est court, dense, bizarre, et ça ne ressemble à rien d’autre de ce qui est à l’affiche en ce moment.

Si vous aimez l’humour absurde et les objets filmiques non identifiés, foncez. Si Dupieux vous agace déjà d’habitude, celui-ci ne vous convertira pas. Pour tous les autres, c’est une porte d’entrée idéale dans son univers : 68 minutes de vertige, littéralement, au prix d’une place de cinéma.

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