Culture

Le Grand Palais montre la femme qui peignait abstrait avant Kandinsky, et il vous reste deux semaines pour la voir

posted by Vincent 13 août 2026
Peinture abstraite d'Hilma af Klint, spirales vertes et dorées sur fond bleu, série des Peintures du Temple exposée au Grand Palais

Hilma af Klint peint ses premières toiles totalement abstraites en 1906. Kandinsky, Mondrian, Malevitch, les noms qu’on ressort toujours comme les pères de l’art abstrait, s’y mettront des années plus tard. Sauf que voilà, personne ne le savait. Elle a demandé qu’on garde son travail caché pendant vingt ans après sa mort, persuadée que son époque n’était pas prête à le comprendre.

Le Grand Palais répare l’oubli jusqu’au 30 août, et c’est la toute première grande exposition de cette artiste suédoise en France. On l’avait redécouverte pour de bon en 2018, avec une rétrospective au Guggenheim de New York qui avait battu les records de fréquentation du musée. Autant vous dire qu’elle méritait bien un passage par Paris.

Le cœur de l’expo, ce sont les Peintures du Temple, un cycle démesuré peint entre 1906 et 1915. Plus d’une centaine de toiles et de dessins pensés pour un édifice spirituel qui n’a jamais existé, sorti tout entier de sa tête. Et au milieu, la série des Dix Plus Grandes, des formats gigantesques censés raconter les âges de la vie, de l’enfance à la vieillesse, dans un déferlement de couleurs douces, de spirales et de formes organiques qui ne ressemblent à rien de connu pour l’époque.

Hilma af Klint : Notes and Methods

Si l’expo vous donne envie d’aller plus loin, ce recueil de ses carnets et de ses écrits éclaire la part la plus mystérieuse de sa démarche.

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Il faut quand même préciser d’où ça vient, parce que c’est là que ça devient étrange. Hilma af Klint peignait dans le cadre de séances spirites, avec un petit groupe de cinq femmes. Elle disait recevoir ses images d’entités qui guidaient sa main. On est loin du génie solitaire qui théorise l’abstraction dans son atelier. Ici, l’abstraction arrive par le mysticisme, la théosophie, l’occulte. Ça donne un vertige assez unique quand on se retrouve devant.

Alors soyons honnête, tout le monde ne ressort pas bouleversé. Certains visiteurs trouvent la démarche passionnante côté histoire de l’art mais restent un peu froids devant les toiles. D’autres en prennent plein la figure. Pour moi, rien que voir en vrai ces formats qu’on ne connaît d’habitude qu’en reproduction, ça vaut le déplacement.

Si le sujet vous parle un minimum, foncez avant la fin du mois, parce qu’une expo pareille ne repassera pas de sitôt par chez nous. Après le 30 août, les toiles repartent, et il faudra retourner les chercher très loin.

Crédit photo : Hilma af Klint / Wikimedia Commons (domaine public)

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