
Trois ans après un premier volume qui a tourné dans plus de cent quarante salles à travers le monde, Ibrahim Maalouf rouvre le bal. Trumpets of Michel-Ange Vol. 2 est sorti le 12 juin, neuf morceaux, quarante minutes, et la même idée folle au centre : sa trompette à quarts de ton, cet instrument bricolé par son père pour passer sans rupture du système occidental aux modes arabes.
C’est tout l’enjeu du projet. Là où une trompette classique reste coincée dans ses douze notes, celle de Maalouf glisse dans les interstices. Ça donne cette couleur immédiatement reconnaissable, à la fois orientale et terriblement dansante. Et cette fois, il ne joue plus seul : il a monté un véritable ensemble de trompettistes formés à cette technique, ce qui épaissit le son et lui donne des allures de fanfare.
Une fanfare très fréquentable, d’ailleurs. On pense par moments aux brass bands des Balkans, parfois à Herb Alpert et ses Tijuana Brass, avec ce côté solaire qui ne demande qu’à faire bouger les épaules. La liste des invités donne le vertige : Jon Batiste, Trombone Shorty, le pianiste cubain Gonzalo Rubalcaba, la chanteuse palestinienne Nai Barghouti, l’accordéoniste Richard Galliano, le quartet flamenco Las Migas. Un petit conseil des nations réuni autour des cuivres.
Pour entrer dans l’univers du projet, le premier volume reste une excellente porte d’entree :
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Le résultat est généreux, chaleureux, fait pour la scène avant tout. C’est aussi sa limite. À force de rester en tempo rapide et en mode festif du début à la fin, l’album manque un peu de respiration. On aurait aimé une ou deux plages plus contemplatives, de celles que Maalouf sait pourtant sublimement réussir quand il ralentit, comme dans ses duos avec le violoncelliste Vincent Ségal. Ici, tout pousse vers la fête, et certains invités prestigieux se retrouvent un peu à l’étroit, faute de place pour respirer.
Reste que ce n’est pas un disque qui cherche à révolutionner quoi que ce soit. C’est une invitation à danser, assumée, et plutôt réussie dans ce registre. Si vous avez aimé le premier volume, vous retrouverez exactement ce que vous étiez venu chercher. Si vous découvrez Maalouf, c’est une porte d’entrée joyeuse, même si son répertoire plus intime mérite tout autant le détour.
Et puis honnêtement, par les temps qui courent, une musique qui rassemble des trompettistes de tous horizons pour faire la fête ensemble, ça fait du bien. À écouter fort, et de préférence en mouvement.
Crédit photo : Ibrahim Maalouf





