Culture

Nikos Aliagas expose la vieillesse au Musée de l’Homme, et il fallait bien un animateur télé pour oser

posted by Vincent 4 août 2026
Photographie noir et blanc de Nikos Aliagas : une femme âgée au béret et lunettes rondes attablée en terrasse, un homme âgé la prend en photo derrière elle

On connaît surtout Nikos Aliagas pour ses plateaux, ses matinales et sa voix un peu grave. Sauf que le bonhomme photographie depuis des années, à l’argentique, en noir et blanc, avec un sérieux qui n’a rien d’un passe-temps de célébrité. Et c’est ce travail-là qui est accroché au Musée de l’Homme, place du Trocadéro, jusqu’au 3 janvier 2027. Ça s’appelle « Les Grands Âges », et le titre dit exactement ce qu’on va voir.

Des visages, surtout. Des rides creusées, des mains posées, des regards qui ont manifestement beaucoup encaissé. Aliagas photographie des personnes âgées, tout simplement, sans les enjoliver et sans les plaindre non plus. Le noir et blanc fait le reste, il enlève la couleur pour ne garder que la matière : la peau, le temps, ce qui reste écrit sur une figure au bout de quatre-vingts ou quatre-vingt-dix ans.

Ce qui rend l’exposition un peu plus maligne qu’une jolie série de portraits, c’est qu’elle ne travaille pas seule. Le musée a associé Aliagas à Samuel Pavard, biodémographe, un chercheur qui étudie le vieillissement des populations. Du coup les images dialoguent avec de la science. On y parle de longévité, de la place qu’on accordait aux anciens dans les sociétés d’avant, de l’isolement d’aujourd’hui, de fragilité, d’autonomie. Bref, du grand âge comme fait humain et pas seulement comme sujet de photo.

L'Épreuve du temps, Nikos Aliagas

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Le pari est casse-gueule, il faut le dire. Photographier la vieillesse, ça glisse vite vers le misérabilisme ou, à l’inverse, vers le sanctuaire un peu mièvre où chaque ride devient une « leçon de vie ». Aliagas évite plutôt bien les deux ornières. Ses vieux ne sont ni des victimes ni des sages de carte postale, juste des gens, photographiés à hauteur d’égal.

On pourra lui reprocher un certain classicisme, une esthétique très sûre d’elle, presque trop propre. C’est vrai. Mais dans un pays qui vieillit à vitesse grand V et qui préfère souvent ne pas y penser, poser calmement la question fait déjà quelque chose.

Le lieu s’y prête, en plus. Le Musée de l’Homme raconte l’espèce, ses âges, ses corps. Voir ces portraits là plutôt que dans une galerie chic, ça change le regard. À aller voir si vous passez par le Trocadéro cet été, et à ramener vos parents, tant qu’à faire.

Crédit photo : Nikos Aliagas / Musée de l’Homme

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