Culture

Hamaguchi installe Virginie Efira dans un EHPAD pour 3h16, et cette fois il a tourné en France

posted by Vincent 9 août 2026
Affiche du film Soudain de Ryūsuke Hamaguchi, avec Virginie Efira et Tao Okamoto assises face à face dans un paysage de rizières

On connaissait Ryūsuke Hamaguchi pour Drive My Car, ce long trajet en Saab rouge qui lui avait valu l’Oscar du meilleur film international en 2022. Le voilà de retour avec Soudain, en salles depuis le 12 août, et pour la première fois il a posé sa caméra chez nous, en France.

L’histoire tient d’abord à une rencontre. Marie-Lou, jouée par Virginie Efira, dirige un établissement pour personnes âgées en banlieue parisienne. Elle veut y imposer une méthode de soin fondée sur l’écoute et la dignité des résidents, ce qu’on appelle l’humanitude, et une partie de ses équipes traîne des pieds. En face, il y a Mari, metteuse en scène de théâtre japonaise atteinte d’un cancer en phase terminale, incarnée par Tao Okamoto. Deux femmes, deux langues, un même combat contre l’idée qu’en fin de vie il n’y aurait plus grand-chose à faire.

Le film s’inspire librement d’un livre, un échange de lettres entre une philosophe et une anthropologue autour de la maladie et de la mort. Autant vous prévenir tout de suite : ça dure 3h16. Oui, vous avez bien lu. Hamaguchi ne coupe rien, laisse les conversations s’installer, filme des silences que d’autres auraient charcutés au montage.

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Et c’est là que ça devient fort. À Cannes, au printemps, Virginie Efira et Tao Okamoto ont décroché ensemble le prix d’interprétation féminine, une récompense partagée qui dit bien que tout repose sur leur duo. La presse a parlé du premier grand choc de la compétition. Sur le papier le sujet pourrait plomber, un EHPAD, un cancer, la dignité qu’on grignote, sauf que voilà, le cinéaste transforme ces discussions a priori austères en quelque chose de terriblement vivant.

C’est une coproduction franco-japonaise, avec un peu d’Allemagne et de Belgique, et c’est la première fois que Hamaguchi tourne avec une vedette française. Le pari était risqué. Il est tenu.

Pour qui, alors ? Pas pour un vendredi soir où vous voulez juste décompresser, ça c’est sûr. Il faut du temps, de la patience, et accepter qu’un film vous parle de la mort en face sans jamais verser dans le pathos. Mais si vous avez aimé la lenteur habitée de Drive My Car, foncez. C’est le genre de séance dont on ressort un peu sonné, et plutôt content de l’être.

Crédit photo : Diaphana

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