
Cinq ans sans album, c’est long pour une artiste qui avait tout raflé à ses débuts. Angèle revient donc, et pas franchement là où on l’attendait.
Son troisième disque s’appelle Instinct. Il est annoncé pour la fin de l’année, sans date précise pour l’instant, ce qui laisse un peu sur sa faim. Mais les deux singles déjà sortis suffisent à comprendre le virage.
Le premier, What You Want, date de février. Elle y a invité Justice, le duo électro de Gaspard Augé et Xavier de Rosnay, pour un morceau nettement plus sombre et plus agressif que tout ce qu’elle avait fait avant. Le clip a été tourné à l’iPhone, la nuit, dans les rues de Marseille. Rien de léché, rien de propre. C’est brut, et ça colle parfaitement au son.
Le second single, Dis-le, est arrivé le 19 juin. Cette fois direction la piste de danse pure, avec un titre qui pioche ouvertement dans l’univers des raves et des nuits qui ne finissent pas. C’est d’ailleurs dans les paroles de Dis-le qu’elle avait caché le nom de l’album, obligeant ses fans à jouer aux détectives avant qu’elle confirme le tout chez Camille Combal, sur NRJ, le 22 juin.
En attendant Instinct et son virage électro, on peut réécouter d’où elle vient avec son précédent album.
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Alors forcément, on repense à la petite pop solaire de Brol et de Nonante-Cinq, celle qui passait en boucle partout. Là, on est ailleurs. Plus dur, plus nocturne, plus club. Certains vont regretter la légèreté du début, c’est humain. Mais bon, une artiste qui refuse de refaire dix fois le même disque, c’est plutôt bon signe.
Ce qui me plaît surtout, c’est la cohérence de la démarche. La boule métallique qu’elle balade depuis des semaines, le grain sale des clips, le choix de Justice plutôt que d’un producteur pop calibré pour les radios. Tout raconte la même chose : elle a envie de danser autrement, et tant pis si ça déroute.
Il y a quand même un vrai point d’interrogation, la date. Fin 2026, ça veut dire novembre ou décembre, et d’ici là il faudra se contenter de deux titres. Un peu court pour patienter après cinq ans de silence.
Pour ceux qui l’avaient rangée au rayon variété sage, le réveil risque d’être vif. Et pour les autres, c’est une bonne raison de guetter la fin de l’année.
Crédit photo : Our Culture





