Culture

Le Dernier vrai samouraï : le film fauché qui a humilié tout le cinéma japonais

posted by Vincent 13 juin 2026
Affiche du film Le Dernier vrai samourai de Jun'ichi Yasuda

Voilà l’histoire d’un film qui n’aurait jamais dû exister, et qui a fini par rafler le prix du meilleur film aux récompenses de l’Académie japonaise. « Le Dernier vrai samouraï » sort enfin dans nos salles ce 10 juin, distribué par Carlotta, et c’est franchement le genre de surprise qu’on n’attendait pas.

Le pitch tient sur un timbre-poste. Fin de l’époque Edo, un samouraï du clan Aizu croise le fer avec un ennemi sous l’orage. La foudre tombe. Il se réveille dans le Japon d’aujourd’hui, en plein tournage d’une série historique. On le prend pour un figurant. Sauf que lui ne joue pas : il manie le sabre pour de vrai, salue pour de vrai, et ne comprend rien à ces gens qui crient « coupez ».

De là, le film aurait pu se contenter de la comédie du poisson hors de l’eau. Il fait beaucoup mieux. Notre samouraï devient cascadeur, se découvre une vraie place dans ce monde de faux-semblants, et le récit glisse doucement vers quelque chose de bien plus tendre : la transmission, le sens du devoir, ce qu’il reste d’un homme quand son époque a disparu.

Le film existe deja en Blu-ray pour les impatients qui ne veulent pas attendre la sortie salle :

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Ce qui rend l’affaire savoureuse, c’est l’envers du décor. Jun’ichi Yasuda a écrit, réalisé, monté et filmé son truc quasiment seul, avec un budget de misère et des acteurs inconnus. Le film est sorti sur une poignée d’écrans, puis le bouche-à-oreille a fait le reste. Résultat, un carton total et une consécration que personne n’avait vue venir. C’est l’outsider qui rafle la mise, et ça fait plaisir.

Alors oui, ça dure 2h11, et le rythme prend son temps au démarrage. Certains gags tombent un peu à plat si on n’a aucune culture du jidaigeki, ces films de sabre que le Japon produit depuis toujours. Mais on se laisse cueillir, parce que le film est sincère de bout en bout. Aucun cynisme, aucune ironie facile. Juste l’amour du cinéma et des artisans de l’ombre qui le font tenir debout.

C’est pour vous si vous aimez les comédies qui virent à l’émotion sans prévenir, ou si l’idée d’un hommage au cinéma de genre vous parle. Ce n’est pas un chef-d’œuvre formel, mais c’est un objet attachant, drôle et étonnamment bouleversant. Le genre de film qu’on a envie de défendre.

Crédit photo : Carlotta Films

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