CultureMusique

La playlist Berthine #13 : rage reconfinée

Posté par Ju le Zébu 7 novembre 2020 0 commentaire

Bien sûr, nous savions que ça allait très probablement se produire tôt ou tard, et, évidemment, nous ne sommes pas contre les mesures qui permettraient de sauver la population d’une pandémie. Il n’empêche que quantité de choses nous font rager: le fait qu’il faille travailler pour continuer de consommer à tout prix, que les écoles servent à cette fin de garderie, que les jeunes sont irresponsables parce qu’ils font la fête mais qu’on entassent les lycéens et lycéennes à 35 par classe, qu’on en profite pour passer des petites lois bien liberticides… Et puis, nous avons peur que cet état d’exception devienne la règle, que les enfants s’habituent aux visages masqués, que, parce que ça marche si bien, on banalise les cours en distantiel, les réunions de famille ou entre ami.e.s en visio… La liste est longue. Bref, nous rageons.

En attendant (quoi d’ailleurs ?), nous avons sublimé notre frustration en une petite playlist marquée d’un soupçon d’ironie. Ça fait un peu de bien au moins.

1. « Bodies under the Falls », Panopticon (2017)

A première vue, ou première oreille, Panopticon peut sembler un peu agressif à nombre d’entre vous. Je vous invite à l’écouter comme une catharsis en vous accrochant à la mélodie un peu country, plus légère, pour ne pas vous perdre dans les gouffres de la dépression et de la rage. Mais ne trouvez-vous pas que l’on sort de cette chanson comme on sortirait d’une cascade froide, puissante, revigorante ? Moi, ça me fait un bien fou et promis, la playlist se poursuit plus sereinement.

2. « I am a Rock », Simon and Garfunkel (1965)

Grand classique folk, a priori plein d’entrain et de bonne humeur portée par les guitares et les voix de l’incontournable duo. Mais à y regarder de plus près (ou en tendant l’oreille), les paroles de Paul Simon ne manquent pas d’ironie : un jeune misanthrope malmené, préfère rester entre quatre murs avec ses livres. Une sorte de confinement social avant l’heure ! Dans tous les cas, cela fait toujours plaisir d’écouter Simon et Garfunkel et dans le cas présent, il vaut mieux être fort.e comme un roc!

3. « Wasting my young years », London Grammar (2013)

L’air mélancolique du tube de ce groupe anglais vous est certainement connu. Avec sa voix éthérée, la chanteuse Hannah Reid chante en refrain : « I’m wasting my young years » (to waste = gaspiller, gâcher). Cela n’est pas sans nous rappeler la compassion de notre cher président envers la jeunesse : « C’est dur d’avoir 20 ans en 2020 » (14/10/20).

4. « You live in my phone », Someone (2020)

Un petit son pop, un peu psyché, bien posé, des paroles et un clip drôles mais aussi critiques, qui dans ce contexte propice au visio et au lien social dématérialisé nous parle bien! Someone est le pseudo de l’artiste pluridisciplinaire Tessa Rosa Jackson.

5. « Travailler », EJP Electrique

Puisque nous ne sommes bon.ne.s qu’à ça, il est bon d’entendre EJP Electrique nous rappeler le contraire! Berthine avait eu le plaisir de rencontrer le groupe il y a quelques temps, ça groove, ça vaut le détour et ça nous met de bonne humeur pour finir 🙂

Allez, c’est pas grave d’être fâché.e, il faut être un peu enragé.e en ce monde ! Mais en musique, ça va un peu mieux quand même 🙂

Laisser un commentaire

Vous aimerez aussi