Culture

Ghinzu revient après 17 ans de silence, et W.O.W.A valait l’attente

posted by Vincent 12 juin 2026
Pochette de l'album W.O.W.A de Ghinzu, visage stylisé aux couleurs thermiques rose et noir

Si vous aviez vingt ans au milieu des années 2000, vous avez forcément croisé « Do You Read Me » quelque part. Dans un bar, une pub, une bande-annonce. Ce morceau tendu comme un fil électrique, c’était Ghinzu, le groupe bruxellois mené par John Stargasm.

Et puis plus rien. Après Mirror Mirror en 2009, le groupe a disparu des radars. Dix-sept ans de silence, le genre d’absence qui transforme normalement un groupe en souvenir de soirées étudiantes.

Sauf que voilà : Ghinzu vient de publier W.O.W.A, son quatrième album, paru le 29 mai chez PIAS. L’acronyme signifie « When Other Worlds Await », qui est aussi le titre du morceau d’ouverture.

Pendant tout ce temps, John Stargasm n’a pas chômé, il composait des musiques de films. Le groupe a continué d’enregistrer sans pression, puis a trié 13 titres parmi la petite centaine de morceaux accumulés au fil des années. Une patience de moine copiste, et ça s’entend.

Car le disque est bon. Vraiment bon. On retrouve tout ce qui faisait l’identité du groupe : guitares nerveuses, piano dramatique, et cette voix immédiatement reconnaissable. Le single « Out Of Control », sorti en février, avait donné le ton. « Snow White » est prenant, dansant, presque sexy. « Apologies » et « Breathless Words » montrent une facette plus atmosphérique.

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Et si l’album vous accroche autant que nous, il existe en vrai disque, à glisser dans la platine ou à offrir.

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La presse spécialisée est plutôt unanime, on parle d’un retour à la hauteur des espérances, d’un album qui rappelle pourquoi Ghinzu occupe une place à part dans le rock européen. Avec une réserve honnête : tout ne retrouve pas les sommets de Mirror Mirror. C’est vrai. Mais bon, qui retrouve les sommets de Mirror Mirror ?

Ce qui frappe surtout, c’est que W.O.W.A n’est pas un disque nostalgique. Pas de redite, pas de clin d’œil appuyé aux fans de la première heure. Les textes parlent d’émancipation, de dépendances modernes, de désillusion. Du rock adulte, raffiné, mais toujours viscéral.

Pour ceux qui voudraient vérifier sur scène, le groupe est annoncé au festival de Dour cet été, en Belgique. En attendant, l’album s’écoute fort, de préférence d’une traite. Si vous avez aimé les débuts de Muse ou dEUS, foncez.

Et si le nom de Ghinzu ne vous dit rien, c’est l’occasion parfaite de remonter le fil : commencez par W.O.W.A, puis offrez-vous Blow et son « Do You Read Me » en dessert. Dix-sept ans d’attente, à ce niveau, ça se pardonne sans discuter.

Crédit photo : PIAS

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