
Robert Langdon est de retour, et avec lui le rituel Dan Brown : un cadavre, un manuscrit qui dérange, et un professeur de symbologie qui court dans une grande ville européenne pendant que des organisations puissantes lui collent aux basques.
Le Secret des Secrets, sixième aventure du héros du Da Vinci Code, vient de paraître en français chez Lattès, avec un tirage qui se compte en centaines de milliers d’exemplaires. Autant dire que l’éditeur y croit.
Cette fois, l’action démarre à Prague. Langdon vient assister à la conférence de Katherine Solomon, une scientifique spécialiste de la conscience humaine avec qui il vient d’entamer une relation. Elle s’apprête à publier un livre explosif sur la nature de l’esprit. Un meurtre éclate, elle disparaît avec son manuscrit, et la mécanique se met en route. Direction Londres, puis New York.
Le choix de Prague n’est pas anodin. Brown adore les villes chargées d’histoire et de symboles, et celle-ci en regorge. Le tueur lancé aux trousses de Langdon sort d’ailleurs tout droit de la mythologie locale, du côté du Golem et de ses légendes. C’est exactement le genre de décor qui fait la signature de l’auteur, entre ruelles médiévales et secrets enfouis.
On connaît la recette par cœur. Chapitres très courts qui finissent sur un mini-suspense, codes à déchiffrer, rebondissements toutes les vingt pages, et un mélange de science de pointe et de vieilles légendes. Brown ne réinvente rien, et il ne cherche pas à le faire. Il fabrique une machine à tourner les pages, et de ce côté-là, ça fonctionne toujours.
Le roman dont on parle, à glisser dans la valise pour l’été :
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Faut-il pour autant crier au chef-d’œuvre ? Non, et la presse anglo-saxonne ne s’en prive pas pour le rappeler. Le New York Times a salué un hommage touchant au pouvoir du livre imprimé, tout en notant qu’on est loin de l’onde de choc culturelle du Da Vinci Code. À l’époque, Brown faisait débattre le monde entier sur Marie-Madeleine. Aujourd’hui, il signe surtout un bon thriller d’aéroport, et ce n’est pas une insulte.
Le côté un peu daté fait d’ailleurs partie du charme. À l’heure où tout le monde parle de Katherine Solomon comme d’une scientifique qui veut prouver des choses sur la conscience, on retrouve ce vieux plaisir des thrillers qui mélangent le vrai, le faux et le carrément fantaisiste sans jamais s’excuser.
Pour qui c’est ? Pour ceux qui ont aimé les précédents et qui veulent un livre de plage solide, qui se dévore en quelques soirées. Si vous trouvez Dan Brown répétitif, celui-ci ne vous fera pas changer d’avis. Mais si vous cherchez un compagnon d’été efficace, qui vous fait sauter des pages dans le métro, vous savez déjà ce que vous achetez. Et c’est très bien comme ça.
Crédit photo : Éditions Jean-Claude Lattès





