Culture

Netflix ressuscite la première héroïne travestie du manga, et elle a troqué la comédie de cour pour un récit d’exil

posted by Vincent 8 août 2026
Affiche officielle du film Netflix L'Héroïne au ruban (The Ribbon Hero), la princesse Saphir entourée de rubans rouges

Depuis ce 8 août, Netflix propose partout dans le monde L’Héroïne au ruban, une heure quarante-neuf d’animation qui va chercher très loin dans l’histoire du manga. Le film s’inspire de Princesse Saphir, que le grand Osamu Tezuka avait dessiné entre 1953 et 1956 pour le magazine Shojo Club. Rien que ça.

Il faut mesurer ce que représente cette œuvre. Tezuka, c’est déjà Astro le petit robot et Le Roi Léo. Princesse Saphir est sa troisième création majeure, et surtout l’un des tout premiers shojo à raconter une vraie histoire au long cours. Son héroïne, une fille déguisée en garçon pour monter sur le trône d’un royaume qui interdit aux femmes de régner, a irrigué des décennies de bandes dessinées pour filles. Sans elle, pas de guerrières travesties ni de magical girls. On parle d’une aïeule, pas d’un simple vieux titre.

Le pari du studio OUTLINE et du réalisateur Yuki Igarashi, dont c’est le premier long-métrage, est justement de ne pas rejouer la comédie chevaleresque d’origine. Ici le royaume d’Argent est rasé dès le départ par un fléau nommé Nergal. Saphir perd tout, erre, puis trouve refuge au Pays d’Or, où des rubans magiques lui offrent un pouvoir de transformation. On passe de la farce de cour à un récit de deuil et de reconstruction. C’est un vrai choix, presque un contre-pied.

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Envie de remonter à la source ? Le manga original de Tezuka, celui qui a tout lancé, se lit toujours aussi bien.

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Ça peut inquiéter, et je comprends. Toucher à un monument, c’est prendre le risque de le trahir, de lisser ce qui faisait sa malice. Le film mise clairement sur l’émotion et l’aventure là où l’original jouait aussi la légèreté et l’ironie sur les rôles collés aux filles. Reste que relire cette figure sous l’angle de l’exil, en 2026, a quelque chose de juste.

C’est la chanteuse Saya, du duo Lalande, qui prête sa voix à Saphir pour son premier grand rôle en animation. Le design est confié à des habitués de l’animation japonaise, et la bande-annonce laisse voir une patte colorée, plutôt loin du trait rond de Tezuka.

Pour qui, du coup ? Pour les curieux de l’histoire du manga, forcément. Mais aussi pour les familles qui veulent une aventure lisible sans se coltiner soixante-dix ans de contexte. On verra si la modernisation tient la route sur la longueur. L’intention, elle, est belle.

Crédit photo : Netflix

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