
Fabien Marsaud a sorti son neuvième album le 18 septembre, et si vous suivez le personnage depuis Midi 20, vous allez retrouver la voix grave et le débit tranquille qui l’ont rendu populaire, mais dans un habillage nettement plus doux. Voir la mer, seize titres, un peu moins de cinquante-trois minutes, ressemble à un bilan après vingt ans de carrière : neuf albums, trois films dont Patients et La Vie devant soi, deux livres. L’homme n’a plus rien à prouver, et ça s’entend.
Le disque est construit autour du piano, avec de vrais instruments joués en direct, guitare et basse, ce qui donne cette ambiance feutrée, presque soyeuse, très loin des productions clinquantes qui saturent les classements. On est dans le salon, pas dans le club.
Côté invités, il s’entoure bien. SDM sur Traces, le rappeur qui cartonne et qu’on n’attendait pas forcément là, Mentissa et Cœur de Pirate pour les envolées mélodiques, le jeune Styleto sur Le prochain rêve. Le mélange slam et chanson accueille sans forcer des touches de pop, de funk, un soupçon de disco et même de rap. C’est varié sans partir dans tous les sens.
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Le titre pourrait laisser croire à un album de cartes postales et de plage au mois d’août. C’est le contraire. Voir la mer, pour lui, c’est une image de recul, la capacité à regarder plus loin quand le quotidien coince. Il parle d’amour, de famille, de nostalgie, du temps qui file, et il glisse quand même des morceaux plus frontaux. Pas de fatalité, le plus engagé du lot, sort les crocs avec une prod plus agressive, histoire de rappeler que le bonhomme n’a pas rangé ses colères.
Alors est-ce que ça vaut le coup ? Si vous cherchez la surprise formelle ou la prise de risque radicale, passez votre chemin, Grand Corps Malade ne réinvente pas sa formule. Mais s’il s’agit de passer cinquante minutes en bonne compagnie, porté par des textes qui sonnent juste et une musique qui ne cherche jamais à en mettre plein la vue, c’est franchement réussi. Un album d’adulte apaisé, pas résigné, et c’est plus rare qu’on ne croit.
Une grande tournée est déjà calée pour 2027. Le genre de rendez-vous qu’on note dans un coin.
Crédit photo : Anouche Records





