
Vingt ans. C’est le temps qui sépare Midi 20, le disque qui a sorti le slam des caves parisiennes en 2006, de Voir la mer, paru le 18 septembre. Entre les deux, huit albums, une poignée de tubes que tout le monde connaît sans forcément savoir qui les chante, et un type qui n’a jamais vraiment changé de voix ni de posture. Fabien Marsaud revient donc avec son neuvième album studio, trois ans après Reflets, et il a visiblement pris le temps de respirer avant.
Ce temps, il l’a passé à Montréal. Une année entière là-bas, en famille, en 2024 et 2025, après des années un peu trop remplies. Ça s’entend. L’album a quelque chose de posé, de réconcilié, loin de l’urgence des débuts. Seize titres, un peu moins de cinquante-trois minutes, et une envie manifeste de faire le bilan sans tomber dans la nostalgie pleurnicharde.
Musicalement, GCM continue de s’entourer. Le piano domine, la guitare et la basse jouées en vrai donnent une chaleur qu’on n’avait pas toujours sur ses projets précédents. On navigue entre pop, funk, un peu de disco et bien sûr le rap qui reste sa colonne vertébrale. Côté invités, la liste fait plaisir : SDM sur Traces, Mentissa sur Ça ira, Cœur de Pirate sur L’hiver, Styleto sur Le prochain rêve. Des rencontres qui sonnent justes, pas des featurings calculés pour faire du chiffre.
L’album dont il est question, à écouter en entier :
Voir la mer (CD) – Grand Corps Malade → voir sur Amazon
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L’album s’ouvre sur J’en ai pas encore fini, une déclaration d’intention assez limpide. Le reste oscille entre l’intime et l’engagé, avec un morceau qui sort du lot, Pas de fatalité, le plus frontal du disque. Et puis il y a cette idée qui traverse l’ensemble : célébrer les failles, les imperfections humaines, à un moment où l’intelligence artificielle prétend tout lisser. Venant d’un artiste dont tout le propos repose sur la fragilité et le phrasé, le message tombe bien.
Alors est-ce que ça réinvente le bonhomme ? Non, et ce n’est pas le but. Voir la mer est un disque somme, sincère, un peu lumineux, qui parlera surtout à ceux qui l’ont suivi depuis Midi 20. Si vous n’avez jamais accroché au slam, ça ne vous convertira pas. Mais pour les autres, c’est un beau rendez-vous, calme et habité, qui donne envie de ressortir toute la discographie derrière.
Crédit photo : Anouche Records / Virgin Records France





