Culture

Grand Corps Malade fête vingt ans de slam avec Voir la mer, et c’est son disque le plus lumineux

posted by Vincent 14 octobre 2026
Pochette de l'album Voir la mer de Grand Corps Malade

Vingt ans après Midi 20, Fabien Marsaud revient avec un neuvième album studio, Voir la mer, paru le 18 septembre chez Anouche Records. Seize titres, cinquante-deux minutes, et une évidence : l’homme n’a rien perdu de son envie d’écrire.

On pouvait craindre le disque anniversaire, celui qui ressasse le bon vieux temps. C’est tout l’inverse. Il y a bien un morceau baptisé 20 ans plus tard, mais il regarde devant, pas dans le rétroviseur.

L’album doit beaucoup à une année passée à Montréal, en famille. Ça s’entend. Le ton est plus apaisé, plus mélodique aussi, loin du slam sec des débuts. Le texte reste roi, mais la musique prend cette fois davantage de place.

Les invités sont bien choisis. SDM sur Traces, un hommage aux quartiers qui fabriquent des artistes plutôt que des clichés. Cœur de pirate ramenée de Montréal. Styleto sur le single Le prochain rêve, Mentissa aussi. Aucun featuring gadget, chacun sert une chanson.

Le cœur du disque, c’est Les Failles. Grand Corps Malade y défend une idée simple et belle : nos défauts sont des qualités mal exploitées. À l’heure où tout le monde ne parle que d’intelligence artificielle, il place l’imperfection humaine comme ce qui nous distingue encore des machines. C’est là qu’il est le plus juste, quand il transforme ses fragilités en force sans jamais verser dans la leçon de morale.

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Il y a aussi du Grand Corps Malade plus frontal. Pas de fatalité s’attaque au discours raciste qu’on finit par trouver normal à force de l’entendre, et plaide pour un esprit plus ouvert. Rien de donneur de leçons, juste une colère tenue.

Alors oui, on connaît la recette. La voix grave, le phrasé posé, les fins de vers qui tombent pile. Ceux que ça agaçait il y a vingt ans ne seront pas convertis. Mais pour les autres, Voir la mer est sans doute son album le plus généreux, le plus serein, celui d’un type qui a trouvé sa place sans s’endormir dessus.

Les trois singles, J’en ai pas encore fini, Le prochain rêve et Traces, donnaient déjà le la. L’album confirme. Du coup, si vous aviez décroché en route, c’est peut-être le bon moment pour remonter dans le train.

À écouter tranquillement, un soir, sans rien faire d’autre. Ça tombe bien, c’est fait pour.

Crédit photo : Anouche Records

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