
Le pitch tient sur un ticket de caisse. Un matin ordinaire, une rue pavillonnaire américaine, ses tondeuses et ses barbecues, se retrouve arrachée à sa banlieue par un phénomène cosmique et déposée on ne sait où. Sauf que le « où » a des dents. Le quartier a changé d’ère, il est tombé en pleine préhistoire, et un allosaure de plusieurs tonnes considère désormais les habitants comme un buffet.
C’est le point de départ de « La Fin d’Oak Street », en salles chez nous depuis le 12 août. Aux commandes, David Robert Mitchell, le réalisateur qui avait glacé tout le monde avec « It Follows » puis perdu la moitié de la salle dans le labyrinthe de « Under the Silver Lake ». Autant dire un cinéaste qu’on n’attendait pas franchement sur un film de dinos.
Au centre du chaos, la famille Platt. Anne Hathaway et Ewan McGregor jouent les parents, deux adultes normaux qui découvrent que la survie du foyer passe par une consigne toute bête: rester soudés. Autour d’eux, les voisins paniquent, le vernis pavillonnaire craque, et la banlieue proprette devient un terrain de chasse.
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Ce qui intrigue, c’est justement le grand écart. Mitchell vient du cinéma d’horreur cérébral à petit budget, et le voilà avec 85 millions de dollars, un allosaure numérique et J.J. Abrams à la production pour Warner. Le film a d’ailleurs longtemps porté un autre nom pendant le tournage, « Flowervale Street », avant de basculer sur ce titre plus sec.
Le risque est connu. Ces films à concept se dégonflent souvent une fois la surprise passée, et 1h40 de course-poursuite préhistorique peut vite tourner à la démonstration d’effets spéciaux. Mais bon, l’idée de coller l’angoisse pavillonnaire, celle d’une famille qui se déchire dans son propre jardin, à une menace aussi primitive qu’un dinosaure affamé, ça a quelque chose de réjouissant. Spielberg avait fait rêver avec ses dinos, Mitchell semble vouloir faire flipper avec.
On tient là un divertissement d’été assumé, sans prétention de chef d’oeuvre, mais porté par un duo d’acteurs solide et un cinéaste qui sait installer une trouille lente. Si vous aimez la science-fiction grand public qui ne prend pas le spectateur pour un imbécile, ça vaut le déplacement. Et puis franchement, voir Ewan McGregor cavaler devant un carnivore du Jurassique, on ne va pas bouder ce plaisir-là.
Crédit photo : Warner Bros.





