Culture

Vingt-cinq ans après ses débuts, M83 nous écrit une lettre et sort son dixième album le 25 septembre

posted by Vincent 18 septembre 2026
Pochette de I Wrote You A Letter, dixième album de M83 : deux falaises sombres encadrant une mer au crépuscule

Anthony Gonzalez n’a jamais vraiment perdu cette manie de faire de la musique trop grande pour la pièce dans laquelle on l’écoute. Le garçon d’Antibes qui bricolait ses premières nappes de synthés au tout début des années 2000 revient avec I Wrote You A Letter, dixième album de M83, attendu le 25 septembre chez Other Suns. Un quart de siècle après le premier disque du projet. Ça donne un peu le vertige.

Neuf titres seulement, mais des titres qui prennent leur temps. Plusieurs dépassent les six minutes, et on y retrouve tout ce qui fait la patte de la maison: des synthés qui flottent, des montées orchestrales, du piano très profond, des voix célestes posées sur des crescendos qui n’en finissent pas de grimper. Gonzalez s’est entouré de Joe Berry, Benoît De Villeneuve et Clément Libes pour donner corps à tout ça.

Là où c’est intéressant, c’est le geste. Après Fantasy en 2023, on aurait pu s’attendre à une suite dans la même veine pop rétro et grandiloquente. Sauf que voilà, l’album regarde plutôt en arrière, vers les premières années du projet, celles des longues plages ambient sans refrain. Le titre le dit sans détour: une lettre, quelque chose d’intime, d’un peu nostalgique, presque une bande-son de vie.

M83 - Hurry Up, We're Dreaming (vinyle)

Pour (re)découvrir le M83 des grands crescendos, celui de Midnight City, l’album culte de 2011 reste la meilleure porte d’entrée :

M83 – Hurry Up, We’re Dreaming (vinyle) → voir sur Amazon

Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.

Ceux qui n’ont croisé M83 que par Midnight City, ce tube de 2011 entendu absolument partout, risquent d’être un peu déroutés. Ici, pas de single taillé pour les radios. On est plus proche du disque qu’on écoute d’un bloc, casque sur les oreilles, en se laissant emmener. Des morceaux comme Blister Sunrise, Opera ou Traces of Love annoncent la couleur.

Est-ce que ça marche? Sur le papier, oui. Gonzalez a toujours su faire de l’émotion à très grande échelle sans jamais tomber dans le ridicule, et son sens du cinéma, lui qui a signé la musique d’Oblivion, reste intact. On peut lui reprocher de se répéter, de rebâtir un peu les mêmes cathédrales de son depuis quinze ans. Mais quand ça fonctionne, ça reste une des rares musiques qui donne l’impression de décoller pour de bon.

Bref, si vous aimez la musique qui prend de la place, avec une bonne dose de mélancolie, ce dixième album mérite une vraie écoute. Rendez-vous le 25 septembre.

Crédit photo : M83 / Other Suns

Leave a Comment

À lire