Culture

Robert Pattinson se glisse dans le costume de Chris Hansen, et Primetime raconte le jour où la justice est devenue un show télé

posted by Vincent 18 septembre 2026
Affiche officielle du film Primetime : gros plan de Robert Pattinson grimé en Chris Hansen, distribuée par A24

En 2006, une émission américaine cartonnait sur un principe glaçant : appâter des hommes venus rejoindre un mineur rencontré en ligne, puis les cueillir devant les caméras. Ça s’appelait To Catch a Predator, présenté par Chris Hansen sur NBC. Vingt ans plus tard, A24 en tire un film, Primetime, en salle chez nous le 23 septembre. Et c’est Robert Pattinson qui enfile le costume du présentateur.

Le film est signé Lance Oppenheim, jusqu’ici documentariste, qui passe pour la première fois à la fiction. Il ne raconte pas vraiment l’émission, plutôt ce qui se tramait derrière. La fabrique du spectacle. La course à l’audience. Le moment où traquer des prédateurs cesse d’être une affaire de justice pour devenir du divertissement pur. Le scénario d’Ajon Singh s’inspire d’un article d’Esquire paru en 2007, qui revenait sur le suicide d’un procureur adjoint texan piégé par l’émission. Un fait divers bien réel, donc, et pas franchement léger.

Pattinson, vous le savez, adore ces rôles qui le poussent dans le malaise. Ici il ne se contente pas d’imiter Hansen, il en fait un homme dévoré par sa propre mise en scène, à la fois magnétique et inquiétant. La presse qui a découvert le film à Venise début septembre parle d’une performance électrique. La BBC lui met cinq étoiles. Variety salue une distribution éblouissante, avec Merritt Wever et Skyler Gisondo autour de lui, et même Phoebe Bridgers qui fait une apparition. Sur Rotten Tomatoes, on tourne autour des 92 pour cent.

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Le plus intéressant, c’est justement l’ambiguïté. Piéger des criminels, d’accord, mais à quel prix, et pour le compte de qui ? Le film pose la question sans donner de leçon, en montrant comment l’ambition d’un présentateur finit par le rattraper. Oppenheim joue sur une image granuleuse, presque d’époque, qui brouille en permanence la frontière entre le réel et le décor. On ne sait jamais très bien ce qui relève du reportage ou de la comédie.

Alors oui, le thème peut rebuter, et mieux vaut le savoir avant d’acheter son billet. Mais si vous aimez les films qui grattent là où ça dérange, sans jamais surligner leur propos, celui-là a tout pour marquer la rentrée. Pattinson, en tout cas, continue de choisir les rôles que personne d’autre n’oserait toucher.

Crédit photo : A24

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