
Depuis mercredi, il y a dans les salles un film français qui n’a peur de rien. Kyma, l’onde mystérieuse, c’est le premier long métrage de Romain Daudet-Jahan, et le pitch tient sur un coin de table. Tony, un ado solitaire et passionné d’animaux, tombe sur une créature pas comme les autres dans son petit village. La Kyma. Une onde sonore vivante, capable de désagréger la matière rien qu’en vibrant. Il l’apprivoise. Sauf que voilà, une organisation secrète traque la bestiole, et lui n’a rien vu venir.
On pense tout de suite à E.T. Et à Stranger Things, forcément, avec ce trio de gamins, ce décor de petite ville et cette lumière chaude qui sent les années 80. Le film ne s’en cache pas une seconde, il revendique même l’hommage. C’est à la fois son charme et sa limite. Vous savez d’avance où ça va, mais l’exécution est franchement soignée pour ce que c’était.
Parce qu’il faut le rappeler. Un million d’euros de budget. Pour de la science-fiction avec effets spéciaux, une créature à animer et une organisation secrète aux trousses des héros, c’est riquiqui. Le film a été tourné dans l’Aube, en 24 jours, à l’automne 2024. Sony a fini par mettre son nom dessus aux côtés de Moana Films, ce qui pour un premier long indépendant n’est quand même pas rien.
Et si l’envie vous prend de remonter à la source de tout ce cinéma d’enfance et de créatures, le classique de Spielberg reste une valeur sûre.
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Le casting mise sur la jeunesse. Jules Lefebvre en Tony, Lucy Loste Berset, et Mamadou Haïdara, que vous avez peut-être croisé en jeune Omar Sy dans Lupin. Le scénario est co-signé avec Émilie Dubois, à qui on doit Chien de la casse. Bref, des gens qui savent raconter des histoires d’ados, transposées ici dans le fantastique.
Le film a fait ses classes en festivals avant d’arriver en salles. Avant-première au Festival du film fantastique de Strasbourg, passage aux Utopiales, sélection au BIFFF de Bruxelles début 2026. Le circuit habituel du cinéma de genre à la française, celui qui galère toujours à exister entre deux blockbusters américains.
Alors est-ce que ça vaut le déplacement ? Si vous cherchez une SF adulte et retorse, ce n’est pas là que ça se joue. Mais pour emmener des enfants dès 10 ans voir de la vraie science-fiction tournée près de chez nous, avec du cœur et zéro cynisme, c’est plutôt une bonne pioche d’été. Et voir un film de genre français oser ce terrain-là, ça fait du bien.
Crédit photo : Sony Pictures / Moana Films (via AlloCiné)





