
Un crash d’avion, une immensité blanche, un homme et son chien. Voilà tout le programme de Heart of the Beast, le film de David Ayer qui débarque en salle ce mercredi 23 septembre. Brad Pitt y joue James Belmont, ancien des forces spéciales, qui survit à l’accident et doit rejoindre la civilisation avec pour seul allié Odin, son chien militaire. Un berger allemand qui répond au nom d’Uber à la ville, pour l’anecdote.
Le pitch tient sur un timbre-poste, et c’est assumé. Une heure quarante et une, tout public, pas de sous-intrigue tentaculaire. Juste la nature qui vous veut du mal et un duo qui refuse de crever. On pense forcément à The Revenant, la boue et le froid en moins de chichis oscarisables. J.K. Simmons et Anna Lambe complètent une distribution volontairement réduite, parce que dans ce genre d’exercice, plus il y a de monde, moins ça mord.
Derrière la caméra, David Ayer. Vous le connaissez pour le meilleur, End of Watch et Fury, comme pour le pire, ce Suicide Squad dont il n’a jamais vraiment digéré le montage. C’est justement Fury qui l’avait réuni à Pitt en 2014, et ces retrouvailles douze ans plus tard ont quelque chose de rassurant. Ayer sait filmer les hommes qui souffrent, et Pitt, à 62 ans, n’a plus grand-chose à prouver depuis son année en or au volant d’une monoplace de Formule 1.
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Le film a été présenté hors compétition à San Sebastián, où Pitt n’avait plus posé le pied depuis 2009 et Inglourious Basterds. Damien Chazelle figure au générique comme producteur exécutif, ce qui intrigue autant que ça rassure. Difficile de deviner ce qu’un cinéaste aussi baroque est venu chercher dans une survie glacée.
Alors, on y va ? Si vous attendez une révolution, passez votre chemin. Le survival est un genre balisé et celui-ci ne réinvente pas la roue. Mais bien exécuté, avec un acteur au sommet et un chien capable de vous cueillir dès la première montée de température dramatique, ça peut faire un excellent moment de salle obscure. Le vrai risque, c’est la sentimentalité, cette relation maître-chien qui vire vite au tire-larmes quand elle est mal dosée. À vous de voir si vous êtes prêt à confier votre boîte de mouchoirs à David Ayer.
Crédit photo : Paramount Pictures





