
Le château de Fontainebleau inaugure ce vendredi une exposition qui tombe pile pour les Journées du patrimoine. Elle s’appelle Le panache des Lumières, elle court jusqu’au 25 janvier 2027, et son sujet est plus malin qu’il n’y paraît.
On y parle d’Henri IV. Mais pas vraiment de l’Henri IV de 1600, celui de la poule au pot et de l’édit de Nantes. On y parle de l’idée qu’on s’en faisait deux siècles plus tard, à la cour de Louis XVI, à la veille de la Révolution.
C’est ça, le vrai sujet. À la fin du XVIIIe siècle, la monarchie vacille, les caisses sont vides, la contestation monte. Et Louis XVI, roi fragile, ressort du placard la figure la plus populaire de sa dynastie: Henri IV, premier Bourbon, le « bon roi », le « père du peuple ». Une opération de communication avant l’heure, en somme, pour rappeler que les Bourbons savaient aussi être aimés.
L’exposition raconte cette récupération. Le cœur du parcours, c’est le grand cycle peint par François-André Vincent sur l’histoire d’Henri IV, dont les esquisses sont conservées au château de Pau, ville natale du roi. Fontainebleau s’est associé à Pau et à la RMN-Grand Palais pour monter l’ensemble.
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Le placement est habile. L’accrochage se glisse dans les salles Saint-Louis, sur le circuit de visite, et vient compléter l’autre grande exposition maison consacrée à Marie-Antoinette et Louis XVI. Deux regards sur la même cour, le même moment, la même fin qui approche sans que personne ne la voie venir.
Là où c’est fort, c’est ce jeu de miroirs. On y voit un pouvoir qui se sait menacé et qui cherche une légende rassurante à laquelle se raccrocher. Sauf que voilà, réveiller le souvenir d’un roi adoré quand on l’est de moins en moins, c’est un pari risqué. On connaît la suite.
Pour qui aime le XVIIIe siècle et les coulisses du pouvoir, c’est une visite à faire, d’autant que l’entrée est comprise dans le billet du château. Le cadre aide aussi: difficile de rêver plus beau décor que Fontainebleau pour raconter la fin d’un monde. Et si vous ne connaissez Henri IV que par sa statue et son cheval, vous en ressortirez avec une image nettement plus retorse du personnage. Ou plutôt de ceux qui s’en sont servis.
Crédit photo : RMN-Grand Palais (château de Fontainebleau) / Gérard Blot





