
Six ans. C’est le temps qu’il aura fallu attendre depuis Punisher pour retrouver Phoebe Bridgers en son nom propre. Le 14 août, la chanteuse américaine publie Lost Weekend chez Dead Oceans, un disque de seize titres, cinquante-deux minutes, découpé en trois faces comme un vrai objet pensé pour le vinyle.
Entre-temps, elle n’a pas chômé. Il y a eu boygenius, ce supergroupe réuni en 2023 avec Julien Baker et Lucy Dacus, l’album The Record, les Grammys, puis une longue pause qui a duré presque toute l’année 2025. On pouvait légitimement se demander si le format solo lui manquait encore. Réponse fin juin avec Lost Boys, le premier single, sur lequel ses deux complices de boygenius viennent d’ailleurs poser leurs voix. La boucle est bouclée.
Le morceau donne le ton. On reste dans cette pop folk mélancolique et précise qui a fait sa réputation, cette manière de chanter des choses tristes sans jamais tomber dans le pathos. Bridgers a coproduit l’ensemble avec Tony Berg, Ethan Gruska et Jack Antonoff, l’homme derrière la moitié des grands disques pop de la décennie. Autant dire que la production ne sera pas bâclée.
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Sauf que le vrai geste, cette fois, il est ailleurs. Bridgers a joué Lost Boys chez Jimmy Fallon entourée de musiciens enfants, elle a multiplié les concerts surprises à travers les États-Unis, dont un à Madison Square Garden débarqué de nulle part. Et surtout, tous ces concerts étaient sans téléphone. Interdiction de filmer, interdiction de scroller pendant qu’elle chante. La Lost Tour, qui tournera de septembre à décembre dans les arénas américaines avec Alex G et Isaac Wood en première partie, appliquera la même règle.
C’est une position, et plutôt courageuse quand un concert se vit désormais à travers un écran de dix centimètres. Bridgers ne demande pas juste qu’on l’écoute, elle demande qu’on soit là, vraiment. On aimerait que ça donne des idées.
Le disque lui-même, on n’en sait encore rien au-delà du single, et par les temps qui courent, ça relève presque de l’exploit. Si vous avez aimé Punisher, vous pouvez déjà cocher le 14 août dans votre agenda. Pour les autres, c’est peut-être la bonne occasion de découvrir une des voix les plus justes de sa génération. Sans votre téléphone, du coup.
Crédit photo : Dead Oceans




