
David Robert Mitchell ne tourne pas beaucoup. Trois films en dix ans, c’est peu. Mais quand il sort quelque chose, on regarde. It Follows en 2015, cette histoire de malédiction qui se transmet et vous poursuit au pas, avait marqué toute une génération d’amateurs d’angoisse. Puis Under the Silver Lake, polar hanté et bizarre avec Andrew Garfield, avait divisé tout en fascinant. Le voilà de retour avec La fin d’Oak Street, qui débarque dans nos salles le 12 août.
Le pitch tient sur un ticket de caisse. Un matin, un phénomène cosmique arrache une rue de banlieue, Oak Street, à son quartier tranquille et la balance ailleurs. Un ailleurs préhistorique, hostile, où rôdent des dinosaures. La famille Platt, jouée par Anne Hathaway et Ewan McGregor, se retrouve à devoir survivre au milieu d’un décor qui n’a plus rien de rassurant.
Sur le papier, ça ressemble à un blockbuster de dino comme un autre. Sauf que voilà, c’est Mitchell derrière la caméra, et lui n’a jamais filmé une menace de façon frontale. Chez lui la peur avance lentement, dans le hors-champ, dans les silences. On sent qu’il tient là autant un drame familial qu’un film de créatures. Le tout est ancré dans une ambiance années 80, tourné en IMAX, avec un budget d’environ 85 millions de dollars et J.J. Abrams à la production. Autant dire que la promo joue à fond la carte du secret, façon Cloverfield, en lâchant le moins d’infos possible.
Envie de replonger dans ce qui a fait connaître Mitchell ? It Follows, son film d’angoisse devenu culte, reste une valeur sûre en 4K.
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Ce qui intrigue, c’est justement ce contraste. Un pavillon de banlieue, des gosses, des parents dépassés, et des prédateurs de plusieurs tonnes qui tournent autour. Le genre d’idée qui peut donner un grand film ou un joli plantage. Avec Mitchell, on penche plutôt pour la première hypothèse, même si son cinéma exigeant peut décontenancer ceux qui viennent juste pour le popcorn et les gros lézards.
Un peu moins de deux heures au compteur, 1h40 très exactement, ce qui laisse espérer un récit tendu plutôt qu’une fresque étirée. Bonne nouvelle.
Pour moi c’est la sortie la plus intrigante de ce mois d’août. Pas un divertissement qu’on oublie en franchissant la porte, plutôt le genre d’objet qui vous poursuit un peu après le générique. La question, c’est de savoir si le grand public suivra un réalisateur aussi peu pressé de le rassurer. On file voir ça dès la semaine prochaine.
Crédit photo : AlloCiné / Warner Bros.





