Culture

Overmono revient avec un deuxième album enregistré au bout du monde, et leur électro n’a jamais autant ressemblé à un souvenir

posted by Vincent 5 août 2026
Pochette de l'album Pure Devotion d'Overmono : deux chiens devant un rideau de fer, photo de nuit granuleuse

Pure Devotion vient de sortir chez XL Recordings, et si le nom d’Overmono ne vous dit rien, c’est pourtant l’un des projets électroniques anglais les plus intéressants de la décennie.

Derrière ce nom un peu abstrait se cachent deux frères, Tom et Ed Russell. Il y a trois ans, leur premier album Good Lies les avait sortis des clubs pour les emmener beaucoup plus loin, avec cette manière bien à eux de coller des voix soul fantomatiques sur des rythmes de dancefloor. Un vrai coup de maître, et un disque qu’on réécoute encore.

Alors forcément, on attendait la suite au tournant. Et là, plutôt que de refaire la recette, les deux frères sont partis s’enfermer loin de tout, en Islande puis dans le nord-ouest de l’Espagne. Sans routine, presque sans sommeil, avec une idée fixe : capturer l’espace physique de leur studio au lieu de le gommer.

Ça donne des choix franchement barrés. Certains sons ont été passés dans une enceinte Tannoy planquée au sous-sol, d’autres dans un vieux haut-parleur d’annonces de gare des années 1930. Le genre de bricolage qui pourrait sembler gadget, sauf que ça s’entend vraiment : les onze titres ont un grain, une poussière, une chaleur qu’on ne trouve pas dans l’électro trop propre du moment.

Good Lies — Overmono (vinyle)

Pour découvrir le duo, leur premier album Good Lies reste la porte d’entrée idéale, dispo en vinyle :

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Le single Lockup donne le la, et le reste suit sans jamais vraiment retomber. Overmono ont aussi invité quelques voix, dont Kindora et Ruthven, ce qui aère l’ensemble et évite l’écueil du disque de producteurs qui tournent en rond.

Ce n’est pas de la musique de fond, en tout cas. C’est plus proche d’un récit, avec ses montées, ses creux, ses moments où vous ne savez plus trop si vous avez envie de danser ou de rester assis à écouter. Les deux frères revendiquent d’ailleurs l’influence du critique Simon Reynolds, celui qui a passé sa vie à raconter comment la musique électronique fabrique de la nostalgie.

Est-ce que c’est pour tout le monde ? Pas sûr. Si vous cherchez des refrains à fredonner, passez votre chemin. Mais si vous aimez l’électro qui a une âme, celle qui raconte quelque chose plutôt que de juste faire bouger les corps, vous tenez là un des plus beaux disques de l’été.

À écouter au casque, de préférence, et le soir.

Crédit photo : XL Recordings

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