Culture

La Philharmonie retrace toute la musique des jeux vidéo, du bip de Pong aux violons de Final Fantasy

posted by Vincent 5 août 2026
Visuel officiel de l'exposition Video Games & Music à la Philharmonie de Paris

Il y a une exposition à la Philharmonie de Paris qui tient depuis le printemps et dont on parle finalement assez peu, alors qu’elle mérite vraiment le détour. Elle s’appelle Video Games & Music, elle a ouvert le 2 avril et elle reste accrochée jusqu’au 1er novembre. Le sujet, c’est la musique de jeu vidéo. Rien que ça.

On pourrait croire à un truc de niche, réservé à ceux qui ont usé leurs pouces sur une manette. C’est tout l’inverse. Les deux commissaires, la musicologue Fanny Rebillard et le journaliste Jean Zeid, racontent une histoire qui commence au bip électronique de Pong, quatre notes et puis c’est tout, et qui finit dans les grands orchestres symphoniques. Entre les deux, quarante ans de bricolage sonore devenu un vrai langage.

Le parcours mélange des consoles d’époque, des instruments, des photos, une vingtaine de jeux jouables sur place et surtout une soixantaine de sons marquants à écouter au casque. Vous entendez comment on faisait chanter une puce 8-bits avec trois voix maximum, puis comment on est passé aux partitions amples de Final Fantasy ou de Zelda, jouées aujourd’hui en salle par des orchestres entiers. L’artiste Mounir Ayache y ajoute de grands biomes projetés, histoire de vous plonger dedans plutôt que de vous laisser lire des cartels.

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Ce que j’aime bien dans l’idée, c’est qu’elle prend au sérieux un art longtemps considéré comme un sous-produit. La musique de jeu a une contrainte que le cinéma ignore : elle doit tourner en boucle sans vous rendre fou, s’adapter à ce que vous faites, accélérer quand ça chauffe. C’est une composition qui réagit. Les compositeurs qui ont réussi ça méritaient bien une maison comme la Philharmonie.

Alors oui, si vous n’avez jamais touché une manette, certaines madeleines vous passeront au-dessus. Mais l’expo est pensée pour que ça marche quand même, parce qu’elle parle d’abord de musique et de mémoire. Et puis à 15 euros plein tarif, réservation obligatoire, ça reste raisonnable pour deux bonnes heures de visite.

Pour qui, du coup ? Les trentenaires et quarantenaires qui ont grandi avec ces mélodies vont fondre, forcément. Mais emmenez-y aussi quelqu’un qui n’y connaît rien : il y a de bonnes chances qu’il ressorte en fredonnant un thème dont il ignorait tout une heure plus tôt. C’est peut-être ça, la vraie réussite.

Crédit photo : Philharmonie de Paris

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