Culture

Kerry James Marshall débarque au Musée d’Art moderne de Paris, et c’est sans doute la grande expo peinture de la rentrée

posted by Vincent 31 août 2026
School of Beauty, School of Culture, peinture de Kerry James Marshall exposee au Musee d'Art moderne de Paris

Le nom ne vous dit peut-être rien. Erreur. À partir du 18 septembre, et jusqu’au 24 janvier, le Musée d’Art moderne de Paris consacre à Kerry James Marshall sa première grande exposition en France, et c’est un événement. Soixante-dix œuvres, dont huit peintures inédites créées pour l’occasion, réunies sous un titre un brin malicieux, The Histories, l’astérisque compris.

L’homme a 71 ans. Il est né à Birmingham, en Alabama, en 1955, en pleine ségrégation, avant de grandir à Watts, le quartier noir de Los Angeles. On comprend vite d’où vient son sujet. Depuis les années 1980, Marshall peint presque exclusivement des personnages noirs, dans des scènes du quotidien comme dans de grandes compositions à l’ancienne, celles que la peinture occidentale a longtemps réservées aux rois et aux saints.

Et il le fait avec une idée fixe, presque têtue. Pour les carnations, il n’utilise pas un noir, mais trois pigments différents, du Carbone, de l’Ivoire, du Mars. Ses figures sont d’un noir profond, franc, impossible à ignorer. C’est là toute la démonstration : réparer des siècles d’absence, remettre au centre du tableau ceux que l’histoire de l’art avait laissés dans la marge. Il appelle ça une contre-archive. Le mot est juste.

Kerry James Marshall: Mastry

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Ce qui est fort, c’est que ça n’a jamais rien de scolaire ni de pesant. Marshall connaît ses classiques sur le bout des doigts, il cite la Renaissance, il joue avec les codes, et il glisse par-dessus une culture populaire assumée, jusqu’à inventer son propre super-héros noir, Rythm Mastr, né en 1999 parce qu’il en avait assez de n’en croiser aucun dans les comics.

L’expo n’arrive pas de nulle part. Elle a démarré à la Royal Academy de Londres à l’automne 2025, elle est passée par la Kunsthaus de Zurich cet été, et Paris est sa dernière étape. Autant dire qu’on récupère une machine bien rodée, avec ces huit toiles neuves en bonus.

Comptez 17 euros l’entrée, avenue du Président-Wilson, du mardi au dimanche, et le jeudi jusqu’à 21h30 si vous préférez traîner le soir. Pour qui aime la peinture, la vraie, celle qui raconte quelque chose sans se planquer derrière le concept, c’est une des sorties à cocher cet automne. Et le mieux, c’est d’y aller avant la cohue des vacances de Noël.

Crédit photo : Musee d’Art moderne de Paris

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