
On avait quitté Ravyn Lenae en douceur, avec un R&B chaud et cotonneux, ce genre de voix qui plane au-dessus des morceaux sans jamais forcer. Son troisième album, Blue Island, sorti le 7 août chez Atlantic, prend un tout autre virage. Quatorze titres, un peu moins de cinquante minutes, et une envie très nette de basculer dans la pop.
Le nom vient de Blue Island, une banlieue de Chicago d’où elle est originaire. Retour aux sources donc, mais côté son c’est plutôt un pas de côté vers le passé de quelqu’un d’autre. On entend Blondie, on entend Janet Jackson, on entend cette synth-pop un peu rétro des années 80, avec des textures new wave et de l’électro-funk qui remontent à la surface. Rien de nostalgique pour autant. La production, chapeautée par DJ Dahi avec une belle brochette de pointures (No I.D., Karriem Riggins, Ian Kirkpatrick), garde les pieds bien ancrés en 2026.
Ce qui frappe, c’est la façon dont les morceaux se transforment en cours de route. Un titre démarre quelque part et finit ailleurs, sans prévenir. Saturday Night, Find It One Day ou Let Us In jouent à fond cette carte du caméléon, et c’est là que la voix de Lenae fait vraiment merveille. Il y a aussi Babygirl, en duo avec Doechii, un des sommets du disque : les inflexions jazzy de l’une se frottent au flow tranchant de l’autre, et ça fonctionne du tonnerre. Dominic Fike passe lui aussi faire un tour sur Reputation.
Envie de remonter le fil avant Blue Island ? Son précédent album, Bird’s Eye, reste une belle porte d’entrée dans son univers.
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La critique a suivi, et pas qu’un peu. NME met 4,5 sur 5, Rolling Stone et le Guardian s’alignent sur 4, et le Metacritic tourne autour de 78. On tenait Lenae pour une promesse depuis Bird’s Eye et le carton de Love Me Not, sans oublier sa tournée l’an dernier aux côtés de Sabrina Carpenter. Là, elle passe clairement un cap.
Alors oui, quand elle chante les histoires de coeur d’une vingtenaire, on a parfois l’impression d’avoir déjà entendu la chanson. Mais bon, c’est un tout petit bémol. Pour le reste, Blue Island est l’album d’une artiste qui refuse de se répéter et qui a décidé, une bonne fois pour toutes, d’aller voir ailleurs si elle y était. On lui donne raison.
Crédit photo : Atlantic Records





