
Trente ans que Weezer traîne dans nos oreilles, et le groupe de Rivers Cuomo revient le 21 août avec un vingtième album studio. Il s’appelle sobrement Weezer, comme quatre ou cinq de ses prédécesseurs, et les fans l’ont déjà surnommé le « Gold Album », dans la lignée du Bleu, du Vert, du Rouge, du Blanc et compagnie. À ce rythme ils vont finir par épuiser le nuancier.
Ce qui change, cette fois, c’est la méthode. Cuomo et le batteur Pat Wilson se sont remis à écrire ensemble, à deux, à la racine des morceaux, ce qu’ils n’avaient plus fait depuis le tout premier disque de 1994. Quatre types dans une pièce, une guitare, une batterie, et on regarde ce qui sort. Après une tournée des trente ans, l’envie de revenir à l’essentiel se comprend.
Ils ont même confié la production à deux personnalités que tout oppose. Klas Ahlund d’un côté, méthodique jusqu’à la maniaquerie. Kenny Beats de l’autre, qui a exigé un vrai groupe qui joue dans une salle, sans grille, sans métronome, sans correction de justesse. Autant dire l’inverse du son calibré au millimètre qu’on nous sert partout aujourd’hui. Le pari est risqué, mais sur le papier c’est plutôt rafraîchissant.
Avant le Gold, tout est parti d’ici : le premier album de 1994, celui de Buddy Holly et Say It Ain’t So.
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Les trois singles donnent le ton. « Shine Again » et « C.E.O. » renouent avec le gros riff bonbon acidulé qui a fait la réputation du groupe, et « We Might As Well Be Strangers » invite Wednesday, la formation indie de Karly Hartzman, histoire de ne pas jouer les vieux briscards coupés du présent. Weezer se regarde vieillir sans se prendre au sérieux, et c’est peut-être ça leur plus jolie trouvaille.
Alors oui, on connaît la chanson. Le groupe alterne depuis vingt ans le génial et le dispensable, parfois sur le même disque. Un album sauvé par trois tubes et plombé par cinq remplissages, ça leur est déjà arrivé plus d’une fois. Mais l’idée de couper le clic et de laisser quatre quadras jouer pour de vrai, ça donne quand même envie d’y croire.
Si vous avez usé le Blue Album au lycée, celui-là mérite au moins une écoute attentive. Et si vous n’avez jamais compris l’engouement, passez votre chemin, il ne vous fera pas changer d’avis.
Crédit photo : Weezer / Reprise Records





