
Il y a des films qui foncent, et d’autres qui prennent le temps de vous regarder respirer. Des fleurs pour Tokyo est clairement du second genre. Le premier long-métrage de Yuiga Danzuka arrive dans les salles françaises ce mercredi 5 août, distribué par Nour Films, et il vous demande une chose toute simple : ralentir.
L’histoire tient dans une rencontre. Ren livre des orchidées dans le quartier de Shibuya, à Tokyo. Un jour, une livraison le met face à un architecte, Hajime Takano, un homme qui passe sa vie à dessiner des foyers pour les autres. Sauf que voilà, cet homme-là, c’est son père. Celui qui est parti à l’étranger après la disparition de la mère, et qu’il n’avait pas revu depuis des années.
Danzuka ne cherche jamais l’effet. Il filme peu, il cadre serré, il laisse les silences s’installer. Le film s’ouvre d’ailleurs sur un prologue de près de vingt minutes, un échange tendu entre les deux parents, qui plante le ton d’emblée. Ce sera pudique, retenu, jamais démonstratif. On est à des kilomètres du mélo qui vous prend par la main pour vous expliquer quoi ressentir.
Ce qui frappe, c’est le contraste. D’un côté une capitale en mouvement permanent, des immeubles toujours en chantier, des gens qui filent quelque part. De l’autre, deux hommes incapables de se dire quoi que ce soit. Tokyo court, eux non. Et le film épouse leur lenteur à eux, pas celle de la ville.
Envie de prolonger ce Tokyo à la fois pressé et suspendu ? Ce beau livre du photographe Nicolas Wauters, installé sur place, capte pile ce contraste entre traditions et modernité.
Japon éternel (Nicolas Wauters) → voir sur Amazon
Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.
Alors soyons clairs, ça ne plaira pas à tout le monde. Si vous cherchez du rythme et des rebondissements, passez votre chemin, vous allez vous ennuyer ferme. Mais si le cinéma contemplatif ne vous fait pas peur, il y a là un vrai portrait de famille en miettes, porté par une mise en scène d’une belle économie de moyens. Passé par la Quinzaine des Cinéastes à Cannes, ce premier film a déjà convaincu pas mal de monde, et honnêtement on comprend pourquoi.
Kodai Kurosaki tient le rôle de Ren avec une réserve qui colle parfaitement au projet, entouré de Ken’ichi Endô et Haruka Igawa. 1h55 au compteur, un drame japonais qui assume sa délicatesse jusqu’au bout.
Bref, ce n’est pas le film qui va remplir les multiplexes cet été. C’est plutôt de ceux qu’on va voir un après-midi de canicule, au frais, pour se laisser cueillir tout doucement. Et parfois, ça vaut largement le blockbuster d’à côté.
Crédit photo : Nour Films





