
Il y a des films qu’on regarde, et des films qui vous mettent mal à l’aise sur votre siège. L’Affaire Zanetti, sorti le 3 juin, fait clairement partie de la deuxième catégorie.
Le pitch tient en une ligne mais il accroche. Elisa Zanetti a été condamnée pour un meurtre dont elle ne garde quasiment aucun souvenir. Dix ans plus tard, un criminologue réputé rouvre le dossier et engage avec elle un long face-à-face. Pas pour rejuger les faits. Pour comprendre comment une femme ordinaire en arrive là.
Roschdy Zem campe ce professeur Alaoui, tout en retenue, et face à lui l’Italienne Barbara Ronchi livre une partition impressionnante de tension intérieure. Hippolyte Girardot complète le casting. Le tout est signé Leonardo Di Costanzo, un réalisateur italien qui aime fouiller les âmes plutôt que les intrigues.
Et c’est là que le film se joue. Di Costanzo s’intéresse moins au crime qu’aux fêlures qui mènent au passage à l’acte. Il ne cherche pas le coupable, on le connaît déjà. Il cherche l’humain derrière. C’est une approche rare, presque dérangeante, qui pose une question qu’on évite d’habitude : peut-on réparer l’esprit de quelqu’un qu’une partie de la société considère comme un monstre ?
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Le résultat divise, et franchement je comprends les deux camps. Ceux qui adhèrent parlent d’un jeu du chat et de la souris d’une redoutable subtilité, porté par deux acteurs au sommet. Ceux qui décrochent trouvent ça lent, bavard, trop documentaire, et restent sur leur faim quand le générique tombe sans vraie résolution. Les notes le confirment, autour de 2,8 sur 5 côté presse comme côté public. Pas un plébiscite.
Mon avis ? C’est un film exigeant, austère, qui demande qu’on accepte ses règles. Il ne court pas après le suspense et ne donne aucune réponse confortable. Si vous attendez un thriller nerveux, passez votre chemin, vous allez trouver le temps long. Mais si l’idée d’un huis clos psychologique sur la responsabilité et le pardon vous intrigue, vous tenez un objet rare, et deux comédiens qui valent à eux seuls le détour.
À voir l’esprit disponible, plutôt qu’un soir de fatigue. Et tant pis si on ressort avec plus de questions que de réponses, c’est peut-être tout l’intérêt.
Crédit photo : Tempesta / Nour Films (AlloCiné)





