
Ridley Scott a 88 ans et ne lève toujours pas le pied. Le voilà qui adapte The Dog Stars, le roman post-apocalyptique que Peter Heller a publié en 2012 et qui traîne une petite réputation de livre culte chez les amateurs du genre. Le scénario est signé Mark L. Smith, l’homme qui avait déjà écrit The Revenant. On n’est donc pas chez les débutants.
L’histoire tient sur presque rien, et c’est assumé. Une pandémie a vidé la planète. Hig, un pilote incarné par Jacob Elordi, survit dans un petit aérodrome près de Denver avec son chien Jasper et un voisin survivaliste, Bangley, campé par un Josh Brolin taillé dans le granit. Ils tiennent la position, ils chassent, ils se méfient de la moindre silhouette à l’horizon. Puis un jour, un signal radio se met à grésiller depuis Grand Junction, loin, très loin. Et Hig décide d’aller voir ce qu’il y a au bout. Forcément.
En chemin il croise un père et sa fille, Cima jouée par Margaret Qualley et un vétéran interprété par Guy Pearce. Le film prend alors des airs de road-movie mélancolique, avant de virer vers quelque chose de plus rugueux dont je ne vous dirai rien.
Le film est tiré de ce roman, une robinsonnade post-apocalyptique étonnamment lumineuse, dispo en poche.
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Ce qui frappe d’emblée, c’est l’image. Scott filme le vide comme peu de gens savent le faire, ces plaines écrasées de lumière, ces carcasses d’avions, cette sensation de fin du monde qui n’a même plus besoin de le crier. Visuellement, c’est somptueux du début à la fin. Elordi, tout en retenue, y est plutôt juste, et Brolin lui donne une belle réplique bourrue.
Sauf que voilà, il y a un mais, et il est de taille. Le scénario avance à pas lents et coche un peu trop les cases du genre. On a déjà vu ce survivant taciturne, ce compagnon canin qui vous serre le cœur, cette communauté louche au bout de la route. La presse américaine est d’ailleurs partagée : autour de 40 % d’avis favorables sur Rotten Tomatoes, un petit 49 sur Metacritic. Bref, un film qu’on admire plus qu’on ne le vit vraiment.
Faut-il pour autant s’en priver ? Franchement, non. Pour un grand écran, ces 118 minutes de désolation superbe valent le déplacement, même si vous risquez de sortir en pensant surtout à la lumière et pas beaucoup à l’intrigue. Un beau Scott mineur, en somme. Et à cet âge-là, ça force quand même le respect.
Crédit photo : 20th Century Studios





