
Il y a des groupes qu’on croit rangés au rayon nostalgie, et puis ils sortent un album qui vous cloue sur place. Interpol vient de le faire. This Mirror Weighs a Ton, huitième disque du quatuor new-yorkais, est arrivé le 28 août, quatre ans après le précédent, et c’est franchement une belle surprise.
Petit rappel pour ceux qui auraient loupé le train. Interpol, c’est ce groupe sorti de Manhattan au début des années 2000, la voix grave de Paul Banks, les guitares tranchantes de Daniel Kessler, une élégance froide qui a fait renaître tout un pan du post-punk. Turn On the Bright Lights, en 2002, reste un monument du genre. Depuis, ils ont connu des hauts et des bas, quelques albums qu’on écoute poliment sans y revenir vraiment.
Là, c’est différent. Pour la première fois depuis une dizaine d’années, ils ont enregistré chez eux, dans un studio de New York. Et ça s’entend. On retrouve cette tension nerveuse des débuts, mais avec des couleurs nouvelles: des bois, des harmonies vocales, un travail sur le son plus ambitieux que d’habitude. Le producteur Andrew Wyatt, qui bosse aussi pour la pop grand public, tient tous les claviers, et le mixage revient à Dave Fridmann, l’homme derrière les meilleurs disques des Flaming Lips. Autant dire du beau monde.
Envie de remonter a la source ? Leur premier album reste la meilleure porte d’entree dans l’univers du groupe.
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Le résultat tient la route de bout en bout. La chanson-titre ouvre le bal avec cette mélancolie élégante qui est leur marque de fabrique, Iron City cogne un peu plus fort, et l’ensemble avance sans temps mort sur douze titres et une petite heure. La presse ne s’y est pas trompée, la moyenne tourne autour de 82 sur 100, et le NME parle carrément de leur meilleur album depuis Antics, soit vingt ans en arrière.
Petit détail qui fait plaisir, la pochette provient de la collection permanente du Whitney Museum, une œuvre de l’artiste Addie Wagenknecht. On est loin du visuel bâclé.
Faut-il se jeter dessus? Si vous avez aimé Interpol un jour, oui, sans hésiter, c’est le retour qu’on n’attendait plus. Et si vous ne connaissez pas, c’est une porte d’entrée aussi bonne qu’une autre pour comprendre pourquoi ce groupe a compté. Un disque qui ne cherche pas à rajeunir, juste à bien faire son métier. Et il le fait diablement bien.
Crédit photo : Interpol / Partisan Records





