Culture

Léa Seydoux se réveille dans le corps d’une inconnue, et Arthur Harari signe le film le plus clivant de la rentrée

posted by Vincent 28 août 2026
Affiche officielle du film L'Inconnue d'Arthur Harari, avec Léa Seydoux et Niels Schneider

Il y a des films qui divisent, et puis il y a L’Inconnue. Arthur Harari, qu’on avait quitté sur le magnifique Onoda, revient avec un objet bizarre, présenté en compétition à Cannes cette année, et sorti dans les salles françaises le 26 août.

Le point de départ tient sur un fil. David Zimmerman, photographe quarantenaire, plutôt reclus, suit une inconnue lors d’une soirée. Le lendemain, il se réveille dans le corps de cette femme, Eva. Et le voilà qui enquête sur sa propre disparition, coincé dans une peau qui n’est pas la sienne. C’est adapté d’une bande dessinée, Le Cas David Zimmerman, écrite par Arthur Harari avec son frère Lucas.

Léa Seydoux porte tout ça sur ses épaules. Sans maquillage, méconnaissable, à des kilomètres de son image de star. Niels Schneider l’accompagne, transformé lui aussi. Autour d’eux, Valérie Dréville, Lilith Grasmug, Victoire Du Bois. La photo est signée Tom Harari, le troisième frère, et c’est peut-être ce qu’il y a de plus beau dans le film.

Maintenant, soyons clairs sur un point : ce film ne fait pas l’unanimité, et c’est un doux euphémisme. Certains y voient un chef-d’oeuvre hypnotique, une expérience de cinéma comme on en fait plus. D’autres sortent de la salle furieux, parlant d’un truc prétentieux et sans saveur qui s’étire sur 2h20 sans jamais vraiment décoller. Les deux camps ont un peu raison, d’ailleurs.

Le cas David Zimmerman (BD)

Le film est adapté de cette bande dessinée signée Lucas et Arthur Harari, si vous voulez remonter à la source de ce vertige d’identité.

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Parce que oui, ça se perd. Le récit part dans tous les sens, change de lieux, de personnages, sans toujours prendre la peine d’expliquer. On pense au Locataire de Polanski, à Lynch aussi forcément, sauf que Harari n’a pas tout à fait les épaules pour tenir cette comparaison-là. Il y a des longueurs, des dialogues qui sonnent faux, des moments où l’on décroche pour de bon.

Et pourtant. Il reste quelque chose. Une atmosphère, une étrangeté qui colle à la peau, une vraie idée de cinéma sur ce que ça veut dire d’habiter un corps, d’être regardé, de disparaître à soi-même. C’est bancal, c’est ambitieux, c’est agaçant par moments. Mais c’est vivant, et ça ne ressemble à rien d’autre en salle en ce moment.

Alors on le conseille à qui ? Aux curieux, à ceux que le cinéma un peu tordu ne fait pas fuir, à ceux qui préfèrent un échec passionnant à une réussite tiède. Pour les autres, il y a des films bien plus confortables cette semaine. Reste qu’on aura rarement vu une rentrée oser autant.

Crédit photo : AlloCiné

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