Culture

Le Grand Palais range la rétrospective sage et préfère montrer tous ceux qui ont pillé Cézanne

posted by Vincent 28 août 2026
La Montagne Sainte-Victoire au grand pin, tableau de Paul Cézanne, visuel de l'exposition Cézanne et nous au Grand Palais

La billetterie vient d’ouvrir, et rien que pour ça, on tient déjà la grande affaire de la rentrée. Le Grand Palais accueille Cézanne et nous du 23 septembre au 17 janvier, et le titre annonce la couleur.

Des rétrospectives Cézanne, on en a vu. Les pommes, la montagne Sainte-Victoire repeinte cent fois, les baigneuses au bord de l’eau. On connaît la chanson. Sauf que là, le pari est ailleurs.

L’idée, c’est de raconter deux histoires en même temps. Celle de Cézanne, forcément, avec environ soixante-dix toiles du maître d’Aix. Et celle, beaucoup plus rare, de tous les peintres qui sont venus se servir chez lui après sa mort en 1906. Gauguin, Matisse, Picasso, mais aussi Mondrian, l’Américaine Joan Mitchell, la Britannique Bridget Riley et le contemporain Peter Doig. En tout, cent quatre-vingts œuvres qui se répondent d’une salle à l’autre.

Le fil rouge tient en trois mots : « Cézanne vu par ». On alterne les reconstitutions d’accrochages historiques et les confrontations plus frontales, où une toile de Cézanne se retrouve nez à nez avec ce qu’elle a engendré. C’est là que ça devient intéressant, parce qu’on comprend enfin pourquoi tout le monde le surnomme le père de la peinture moderne. Sans lui, pas de cubisme. Sans lui, pas cette façon de casser un objet en petits plans de couleur pour le remonter autrement.

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Quatre commissaires signent l’ensemble, dont Xavier Rey et Claire Bernardi, et l’expo mobilise carrément trois maisons d’un coup : le Grand Palais, le Centre Pompidou et Orsay-Orangerie. Autant dire qu’on ne pouvait pas viser petit.

Alors oui, il faudra jouer des coudes, réserver un créneau à l’avance et compter 19 euros le plein tarif, 24 pour le billet ouvert si vous voulez y aller quand ça vous chante. Ce n’est pas donné, mais on a vu pire pour beaucoup moins de matière.

Si vous voulez mon avis, c’est précisément le genre d’exposition qui justifie qu’on prenne un train. Pas parce que Cézanne est un nom qu’il faut cocher, mais parce que voir défiler un siècle entier de peintres qui lui doivent quelque chose, ça remet les idées en place sur ce que veut dire « influencer ». Réservez tôt, ça va se remplir vite.

Crédit photo : GrandPalaisRmn

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