Culture

Et si Lady Jane Grey n’avait jamais perdu la tête

posted by Vincent 13 juillet 2024
Et si Lady Jane Grey n'avait jamais perdu la tête

Vous connaissez sans doute l’histoire de Lady Jane Grey, cette jeune femme proclamée reine d’Angleterre à seize ans et décapitée neuf jours plus tard, en 1554. Une tragédie absolue, le genre de destin qui finit en tableau lugubre dans les musées.

My Lady Jane, série diffusée sur Prime Video, prend ce drame historique et décide de tout réécrire. Le pari est gonflé. Et le résultat est franchement réjouissant.

Adaptée du roman à succès du même nom, la série imagine un univers parallèle où le jeune roi Edward ne meurt pas de la tuberculose, et où Jane et son mari Guildford échappent à l’échafaud. On est donc très loin de la reconstitution scrupuleuse. C’est une comédie fantastique, satirique, qui s’autorise même quelques pincées de surnaturel que je vous laisse découvrir.

L’esprit n’est pas sans rappeler Bridgerton, forcément. Costumes léchés, intrigues amoureuses, Angleterre de cour et personnages qui complotent dans les corridors. Mais là où la série de Netflix mise sur le romanesque sérieux, My Lady Jane choisit l’irrévérence et le rythme effréné. C’est plus drôle, plus punk, plus second degré.

Emily Bader, jusqu’ici inconnue, porte le rôle-titre avec un aplomb qui crève l’écran. Elle campe une Jane moderne, insolente, qui refuse le destin qu’on lui impose. À ses côtés, Edward Bluemel (vu dans Killing Eve) incarne Guildford Dudley, l’époux qu’on lui colle de force et avec qui les étincelles ne tardent pas. La distribution s’offre aussi quelques pointures britanniques comme Dominic Cooper, Rob Brydon ou Jim Broadbent, qui s’amusent visiblement beaucoup.

My lady Jane

Envie de prolonger l’aventure ? Le roman qui a inspiré la série, dans sa version française.

My lady Jane → voir sur Amazon

Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.

Le ton, c’est vraiment ce qui fait la différence. La narration en voix off casse régulièrement le quatrième mur, balance des anachronismes assumés et un féminisme joyeux qui dépoussière le genre. On sent une équipe qui ne se prend pas au sérieux tout en soignant chaque plan.

Alors pourquoi vous en parler maintenant. Parce qu’il y a un hic, et il est de taille. Malgré un accueil critique excellent, autour de 95 % sur Rotten Tomatoes et une place dans les meilleures séries de l’année selon plusieurs médias, Prime Video a annulé la série deux mois après sa sortie. Une seule saison, huit épisodes, et puis rien.

La raison n’a rien à voir avec la qualité. La promotion a été famélique, l’audience n’a jamais décollé, la série n’est jamais entrée dans le top 10 du streaming. Une victime de plus de la logique froide des plateformes, qui coupent vite ce qui ne cartonne pas immédiatement.

Faut-il s’y mettre quand même, sachant qu’il n’y aura pas de suite. Honnêtement, oui. Les huit épisodes forment un ensemble cohérent, l’intrigue trouve une vraie résolution, et le plaisir de visionnage tient sans le besoin d’une saison 2.

C’est l’une de ces pépites qu’on regarde en se disant que la télévision peut encore être maligne et culottée. Une parenthèse enchantée, à savourer comme telle. À vous de voir si vous tentez l’aventure.

Crédit photo : DR

Leave a Comment

À lire