Culture

François-Henri Désérable troque le hockey pour les caves de Bourgogne et signe une épopée du vin portée par un enfant de Delhi au palais prodige

posted by Vincent 21 août 2026
Couverture du roman Le Palais de François-Henri Désérable, éditions Gallimard

François-Henri Désérable revient, et cette fois il range les archives et les patins pour descendre dans les caves de Bourgogne. Son nouveau roman, Le Palais, est arrivé en librairie le 20 août chez Gallimard, 416 pages, 23 euros. C’est l’un des vrais événements de cette rentrée, et pour une fois la formule se justifie.

Le héros s’appelle Arun Kumar. Gamin des rues de Delhi, adopté à huit ans par un couple de Beaune, il grandit dans le restaurant familial et tombe sur le vin un peu par accident. Sauf que voilà, ce môme a un don qui tient du prodige. Un palais absolu, une mémoire des arômes qui frôle le surnaturel. Il sent tout, se souvient de tout, et finit par identifier n’importe quel cru les yeux fermés.

De là, Désérable déroule une vraie épopée. On part de Delhi, on passe par Paris à l’été 1998, on s’installe à Beaune, et le récit file jusqu’aux tours de Manhattan et aux îles Marquises avant qu’un procès à Dijon ne vienne tout renverser. Le vin devient prétexte à parler d’imposture, d’authenticité et de vengeance, avec cette idée qui traverse tout le livre : ce qu’on ne sait plus nommer, on finit par ne plus le sentir.

Le Palais, François-Henri Désérable (Gallimard)

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Ce qui frappe, c’est l’énergie. Il écrit ça comme une farce et comme un conte, avec une verve qui se moque autant qu’elle admire ce petit monde des grands crus, ses collectionneurs, ses critiques, ses gardiens du temple. Arun invente carrément sa propre langue pour décrire des nuances que personne d’autre ne perçoit, et l’auteur suit le mouvement : chaque dégustation devient un paysage, presque une aventure.

Pour situer l’auteur, Désérable est né à Amiens en 1987 et il a été hockeyeur professionnel jusqu’en 2016 avant de tout lâcher pour écrire. On lui doit déjà Un certain M. Piekielny, finaliste du Goncourt en 2017, et Mon maître et mon vainqueur, Grand Prix du roman de l’Académie française en 2021. Il a du métier, et ça se sent à chaque page.

Alors, est-ce que c’est pour vous ? Si vous aimez les romans d’apprentissage qui brassent large, les personnages hors normes et une plume qui prend des risques, foncez. Pas besoin de savoir distinguer un meursault d’un chambertin pour se laisser embarquer. Et c’est plutôt rare, un livre qui donne à la fois envie de lire vite et de déboucher une bonne bouteille.

Crédit photo : Gallimard

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