Culture

Jack White enchaîne un deuxième album avec le même groupe, et Frozen Charlotte prouve qu’il a retrouvé le goût du rock bien sale

posted by Vincent 21 août 2026
Pochette de l'album Frozen Charlotte de Jack White : sculpture blanche coiffée d'un crâne bleu sur fond à pois

Jack White ne s’arrête plus. À peine deux ans après No Name, l’ancienne moitié des White Stripes revient avec Frozen Charlotte, son septième album solo, sorti le 10 juillet dernier chez Third Man Records. Et pour la première fois de sa carrière, il l’a enregistré avec exactement le même groupe que le précédent.

Ça peut sembler un détail, mais ça change tout. Dominic Davis à la basse, Patrick Keeler à la batterie, Bobby Emmett à l’orgue Hammond, et White au chant et à la guitare. Ces quatre-là ont passé 2024 et 2025 sur la route à défendre No Name, et ça s’entend. Frozen Charlotte a le grain d’un groupe qui se connaît par coeur, pas d’un disque bricolé tout seul dans son coin.

13 titres, 42 minutes, autoproduit au Third Man Studio de Nashville. On est sur du rock qui envoie, un peu garage, un peu classic rock, avec par moments un côté Deep Purple assumé. Rien de révolutionnaire, et c’est justement ce qui fait plaisir. White a arrêté de chercher à réinventer la roue et se contente de faire ce qu’il fait de mieux : des riffs, du volume, de l’orgue qui gronde.

Les deux singles donnaient déjà le ton. G.O.D. and the Broken Ribs au printemps, puis Dollar Bill en juin, deux morceaux taillés pour la scène plus que pour les playlists. C’est d’ailleurs le seul vrai reproche qu’on pourrait lui faire. L’album respire tellement le live qu’il perd un peu de sa force une fois enfermé dans les enceintes du salon.

Jack White - Frozen Charlotte (vinyle)

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La critique, elle, a suivi. 84 sur 100 de moyenne sur Metacritic, ce qui est franchement solide. Rolling Stone décrit un disque traversé par le désordre et les idéaux malmenés, Uncut et PopMatters lâchent des 90, et à peu près tout le monde s’accorde à dire que White reste un sacré maître du blues rock quand il s’y met.

Côté ventes, c’est plus discret. 32e au Billboard 200, mais numéro un des albums indépendants au Royaume-Uni. White n’a jamais couru après les classements, ça tombe plutôt bien.

Si vous avez aimé No Name, foncez, c’est la suite logique et elle est réussie. Si le rock à l’ancienne vous laisse froid, Frozen Charlotte ne vous fera pas changer d’avis. Mais pour tous les autres, c’est une belle demi-heure de guitare bien sale, et par les temps qui courent, ça ne se refuse pas.

Crédit photo : Third Man Records

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