
Il y a des séries de bande dessinée qu’on croise sans forcément les lire, posées près des caisses de supermarché, et Les Gendarmes en fait clairement partie. Dix-huit tomes depuis 1998, des gags qui tiennent en une seule page, une brigade de campagne et son chef bougon. Le genre de BD qu’on offre, qu’on feuillette n’importe où, et qui a fini par écouler des paquets. Ce mercredi 5 août, la voilà au cinéma.
Le pitch tient sur un timbre-poste. La gendarmerie de Charnay-Lès-Mâcon, petit coin de Saône-et-Loire, prépare sa Grande Fête annuelle des Jardins. Sauf que voilà, un stagiaire parisien désabusé débarque au même moment que deux voleurs de statuettes de jardin. Autant dire que la fête des nains va virer au grand n’importe quoi.
Aux commandes, François Prévôt-Leygonie et Stéphan Archinard, un duo qui connaît la comédie populaire française. Au casting, du familier et du solide : Arnaud Ducret en chef Dugorgeon, Fred Testot en Leteigneux, Marc Riso, et le jeune Thomas Gioria dans le rôle du stagiaire venu de la capitale. Une heure vingt-sept, pas une minute de plus. Pour ce genre d’exercice, c’est plutôt une bonne idée.
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Reste la vraie question, celle qui plane sur toutes les adaptations de BD Bamboo. Comment étirer un gag d’une page en un scénario d’une heure et demie ? La série imaginée par Olivier Sulpice, Henri Jenfèvre puis Christophe Cazenove marche justement parce qu’elle ne s’embarrasse d’aucune intrigue. Le cinéma, lui, réclame un fil qui tienne. Le danger, c’est de diluer ce qui faisait rire en une seule page.
Personne n’attend Les Gendarmes pour bousculer le cinéma, et c’est très bien ainsi. C’est une comédie de plein été, à voir en famille, entre deux orages, quand il fait trop chaud pour bouger. Sur ce terrain-là, Ducret et Testot ont déjà montré qu’ils savaient tenir une salle.
On verra donc ce que ça donne une fois la lumière éteinte. Si vous avez grandi avec la brigade de Charnay, l’occasion est belle de retrouver ces têtes en chair et en os. Et si le nom ne vous dit rien, c’est peut-être l’entrée idéale, sans avoir à avaler dix-huit albums d’abord.
Crédit photo : Studio TF1 / Bamboo Films





