
On connaît John Carpenter pour Halloween, The Thing ou New York 1997, ces films qui ont façonné une bonne partie de nos peurs de cinéphiles. Mais depuis une dizaine d’années, l’homme a une deuxième vie, celle d’un musicien qui remplit les salles avec ses nappes de synthé glacées. Cathedral, sorti le 7 août sur le label Sacred Bones, prolonge cette histoire tout en la faisant dérailler.
Cette fois, Carpenter n’est pas seul. Il compose avec son fils Cody et son filleul Daniel Davies, comme sur les quatre albums de la série Lost Themes. Le trio tourne bien rodé maintenant. Sauf que voilà, le résultat n’a plus grand-chose à voir avec les ambiances feutrées qu’on leur connaissait.
Le maître lui-même l’annonce sans détour : c’est « en quelque sorte notre premier album de heavy metal ». Les guitares mordent, les rythmiques sont plus massives, le synthé sert désormais à installer l’inquiétude plutôt qu’à la caresser. Sur les quatorze titres, quarante-cinq minutes au total, on sent trois musiciens qui s’amusent à durcir le trait.
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Et il y a l’histoire derrière. Parce que Cathedral n’est pas qu’un disque. C’est aussi la bande-son d’un roman graphique, le tout premier écrit par Carpenter, avec sa femme et complice de toujours Sandy King, et l’auteur Sean Sobczak. Chaque morceau correspond à un chapitre. L’idée est née d’un rêve que le réalisateur a fait en 2024 : une détective découvre un corps humain retourné comme un gant, ce qui la mène vers une cathédrale abandonnée du centre de Los Angeles. Sous cette cathédrale s’en cache une seconde, où rôde une entité qui n’a rien d’amical.
On reste en terrain Carpenter, donc. Le genre d’histoire qu’il aurait pu tourner s’il faisait encore des films. Écouter le disque en imaginant les cases du roman, c’est retrouver ce plaisir un peu enfantin de se faire peur en pleine lumière.
Faut-il aimer le metal pour y entrer ? Pas forcément. L’album garde ce sens de la mélodie qui a toujours distingué Carpenter des simples faiseurs d’ambiance. Il pioche juste dans une palette plus sombre, plus abrasive. Pour qui a grandi avec ses films, c’est un cadeau. Pour les autres, une belle porte d’entrée dans un univers qui, à 78 ans, refuse encore de s’assagir.
Crédit photo : Sacred Bones Records





