
Un orage éclate au-dessus de Split, la foudre tombe sur la montagne, et en quelques heures le feu dévale vers la ville. Voilà le point de départ d’Allumettes, le nouveau roman du Croate Jurica Pavičić, qui arrive chez Agullo le 10 septembre. Et croyez-moi, ça brûle vraiment.
Au début, tout le monde se rassure. La police est persuadée que l’affaire sera pliée en deux jours : soit un pyromane, soit une négligence bête, un mégot, un barbecue mal éteint. Sauf que voilà, plus l’enquête avance, plus l’incendie déborde du simple fait divers. Il embrase le pays entier, les rumeurs, les rancunes, les petits arrangements entre gens qui se connaissent trop bien.
Parce que Pavičić ne s’intéresse pas seulement à qui a craqué l’allumette. Ce qui le tient, c’est ce que le feu met à nu : la corruption qui gangrène toutes les strates d’une société croate encore en pleine mue, des promoteurs aux élus locaux en passant par les assurances. Et au milieu de ça, une histoire de famille qui se met lentement à se consumer elle aussi.
Il sait de quoi il parle. Né à Split en 1965, romancier, scénariste et journaliste, il s’est inspiré du véritable incendie qui a ravagé sa ville en 2017. On sent le terrain sous chaque page, l’odeur de la résine, la panique des habitants qui arrosent leur toit au tuyau.
Le roman paraît le 10 septembre chez Agullo, traduit du croate par Olivier Lannuzel :
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Ceux qui l’ont découvert avec L’Eau rouge savent déjà ce qu’il vaut. Ce premier roman traduit en français avait raflé en 2021 le Grand Prix de littérature policière et le Prix Le Point du meilleur polar européen, rien que ça. Allumettes est son quatrième livre, toujours traduit par Olivier Lannuzel, et il confirme que Pavičić est un des plus doués pour transformer un fait divers en radiographie d’un pays.
Ce que j’aime chez lui, c’est qu’il ne choisit jamais entre le suspense et le fond. Ça file, on tourne les 432 pages pour savoir qui, comment, pourquoi, et pourtant on ressort avec une vraie photographie de la Croatie d’aujourd’hui. Le polar comme prétexte pour parler d’autre chose, mais sans jamais lâcher la tension d’un cran.
Si vous cherchez une lecture de fin d’été qui accroche sans vous prendre pour un imbécile, celle-là est toute trouvée. Et vu la saison des incendies qu’on vient de traverser, elle risque de résonner un peu plus fort que prévu.
Crédit photo : Agullo





