Culture

Fred Cavayé s’attaque à Victor Hugo, et ce Jean Valjean-là ne chantera pas

posted by Vincent 1 octobre 2026
Affiche officielle du film Les Misérables de Fred Cavayé, avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, au cinéma le 14 octobre 2026

On connaissait Fred Cavayé pour ses thrillers nerveux, Pour elle, À bout portant, ou la comédie Le jeu. Le voilà qui débarque le 14 octobre avec un objet autrement plus massif : une adaptation des Misérables de Victor Hugo, roman-monument de 1862 que le cinéma a déjà trituré des dizaines de fois. Pari risqué, forcément.

Première précision qui compte, parce que c’est la confusion la plus courante : non, ce n’est pas la comédie musicale. Pas de « I Dreamed a Dream » façon Anne Hathaway version 2012. Cavayé repart du texte, du vrai, et en tire un drame d’action de presque trois heures, 2h59 au compteur. Autant vous prévenir tout de suite sur la durée.

Le casting, lui, fait saliver. Vincent Lindon endosse le bagnard Jean Valjean, cet homme condamné pour un vol de pain qui passe sa vie à fuir son passé. En face, Tahar Rahim campe l’inspecteur Javert, le flic obsessionnel qui le traque sans relâche. Rien que ce duel-là vaut le détour, deux acteurs qui ne jouent jamais la demi-mesure. Autour d’eux, Noémie Merlant en Fantine, la jeune Megan Northam en Cosette, Vassili Schneider en Marius, et le couple Camille Cottin et Benjamin Lavernhe en Thénardier, les crapules les plus réjouissantes de la littérature française.

Les Misérables, Victor Hugo (intégrale)

Avant d’aller voir le film, ou juste après, rien ne vaut le roman-fleuve de Hugo dans son intégralité.

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Côté production, on est sur du lourd : 33,4 millions d’euros de budget, Studiocanal à la distribution, une reconstitution du Paris insurgé du XIXe siècle qui promet du souffle. Le film a eu sa première mondiale en compétition au festival de Saint-Sébastien, mi-septembre, avant d’arriver dans nos salles.

Alors, est-ce qu’on y va ? Honnêtement, oui, mais sans attendre une révolution. Les premiers retours pointent une adaptation efficace, condensée, qui ne réinvente pas Hugo mais le sert avec sérieux. C’est peut-être là le petit bémol : à vouloir tout caser du roman en trois heures, Cavayé reste parfois dans l’illustration appliquée plutôt que dans la relecture. On aurait aimé un vrai point de vue, un geste de cinéma qui tranche.

Reste que la matière est inusable, et que voir Lindon et Rahim se tourner autour dans ce décor-là, ça ne se refuse pas. Si vous aimez les grandes fresques populaires, celles qui brassent la misère, la rédemption et les barricades sans avoir peur du mélo, vous devriez passer un bon moment. Les puristes du roman, eux, râleront un peu. Comme toujours.

Crédit photo : Studiocanal

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