Culture

Fred Cavayé transforme Les Misérables en thriller de presque trois heures, et le pari Vincent Lindon fonctionne

posted by Vincent 10 octobre 2026
Affiche officielle du film Les Misérables de Fred Cavayé avec Vincent Lindon, Tahar Rahim et Camille Cottin

On ne compte plus les adaptations du pavé de Victor Hugo, mais celle qui débarque le 14 octobre arrive avec des moyens qu’on voit rarement sur un film français. Plus de 33 millions d’euros, un casting qui aligne Vincent Lindon, Tahar Rahim, Camille Cottin, Noémie Merlant et Benjamin Lavernhe, et l’ambition assumée de faire du roman un vrai film populaire.

Lindon joue Jean Valjean, ce forçat libéré après dix-neuf ans de bagne pour un pain volé, qui tente de se refaire une vie sous une fausse identité. Face à lui, Tahar Rahim campe un inspecteur Javert incapable de lâcher sa proie. On connaît l’histoire par cœur, et c’est justement là que Cavayé prend un risque.

Son parti pris, c’est de traiter Hugo comme une cavale. Rythme tendu, mise en scène qui ne laisse pas souffler, presque trois heures qui filent comme un polar. Ça marche très bien quand la traque entre Valjean et Javert occupe l’écran, un peu moins quand il faut ménager l’émotion des personnages, parfois sacrifiée au tempo.

Et puis il y a les seconds rôles, qui tiennent la baraque. Noémie Merlant signe une Fantine qu’on n’oublie pas, Megan Northam une Cosette juste, et le duo Camille Cottin et Benjamin Lavernhe en Thénardier odieux fait un bien fou chaque fois que le film a besoin de respirer.

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La presse est partagée. Variety parle d’une version coûteuse mais un peu vide, d’autres saluent l’audace d’un film d’époque mené tambour battant. Les deux ont raison, en fait. C’est spectaculaire, soigné, produit entre autres par Netflix et TF1, mais ça reste une lecture sage d’un roman monumental, qui en montre beaucoup et en ressent un peu moins.

Si vous voulez mon avis, ça se tente largement. Pour qui connaît Hugo, c’est l’occasion de revoir ces personnages portés par des comédiens au sommet. Pour les autres, c’est une porte d’entrée confortable dans une histoire qu’on fait souvent semblant d’avoir lue.

Reste la question du format. Près de trois heures sur un siège de cinéma, ça se mérite, et certains décrocheront sans doute avant la barricade. Mais quand Lindon et Rahim se regardent en chiens de faïence, on comprend pourquoi personne n’a voulu couper.

Crédit photo : StudioCanal

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