
Adapter Les Misérables, c’est marcher dans les traces de tout le monde, de la comédie musicale aux grosses versions anglaises. Fred Cavayé s’y est quand même collé, et son film est en salles depuis le 14 octobre.
Son idée de départ est assez simple. Traiter le roman de Victor Hugo comme un film de traque. Le réalisateur assume la référence et parle du Fugitif de 1993, celui avec Harrison Ford. On suit donc Jean Valjean poursuivi sans relâche par l’inspecteur Javert, et tout le récit se tend autour de cette course.
Pour porter ça, deux acteurs qui n’ont plus rien à prouver. Vincent Lindon joue Valjean en retenue, presque en économie de gestes, ce bagnard devenu un autre homme. En face, Tahar Rahim compose un Javert moins monolithique qu’on l’attendait, rongé par son obsession plutôt que par la pure méchanceté. Leur face-à-face est vraiment ce qui tient le film debout.
Autour d’eux, du beau monde. Noémie Merlant en Fantine, Camille Cottin et Benjamin Lavernhe en Thénardier, Vassili Schneider en Marius. Les Thénardier, justement, apportent une respiration comique presque de commedia dell’arte, bienvenue dans un récit aussi noir.
Avant ou après la séance, le roman de Victor Hugo dans son intégralité :
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Côté moyens, on sent les 33 millions d’euros de budget. Tournage à Bordeaux, Compiègne, Senlis et dans plusieurs châteaux, décors soignés qui opposent le monde des riches et celui de la misère. StudioCanal distribue, et le film part aussi en compétition au festival de Saint-Sébastien.
Alors est-ce que ça marche ? En partie. La presse reste tiède, autour de 3,1 sur 5 sur AlloCiné, quand le public, lui, monte à 4,1. Et c’est assez logique. Cavayé raconte très bien l’histoire et garde le message social de Hugo intact, mais il reste fidèle à la mécanique du roman sans vraiment le réinventer au cinéma. On retrouve des images qu’on connaît déjà, un souffle un peu bridé.
Reste que pour presque trois heures, 2h59 au compteur, le film ne s’affaisse jamais. C’est déjà beaucoup. Si vous cherchez une relecture audacieuse et formelle, passez votre chemin. Si vous voulez une grande fresque populaire, bien jouée, qui remet Valjean et Javert au centre et vous tient par le col jusqu’au bout, ça se considère franchement. Un blockbuster à la française, au sens le plus honnête du terme.
Crédit photo : StudioCanal





