Culture

Le musée du Luxembourg range les boîtes de soupe et expose le Warhol qu’on ne connaît pas, celui qui dessinait

posted by Vincent 2 septembre 2026
Autoportrait de 1978 d'Andy Warhol, visuel de l'exposition La ligne et l'image au musée du Luxembourg

On croit tout savoir de Warhol. Les boîtes de soupe Campbell, la Marilyn déclinée en série, la Factory et ses fêtes interminables. Et puis le musée du Luxembourg décide de prendre le contre-pied avec « Andy Warhol. La ligne et l’image », du 16 septembre 2026 au 10 janvier 2027, en misant sur ce que presque personne ne regarde chez lui : le dessin.

Près de 150 dessins, donc, accompagnés de quelques peintures, de sérigraphies sur papier, de photos et d’un paquet d’archives, scrapbooks et vidéos compris. L’idée, c’est de remonter le fil depuis un autoportrait de 1942, quand il n’était encore qu’Andrew Warhola, un gamin de Pittsburgh, jusqu’à The Last Supper de 1986, sa relecture de Léonard de Vinci peinte tout à la fin de sa vie.

Entre les deux, il y a le Warhol qu’on oublie toujours : l’illustrateur publicitaire des années 1950, celui qui gagnait très bien sa vie à dessiner des chaussures pour les magazines de mode new-yorkais avant même d’imaginer la moindre boîte de conserve. C’est cette main-là que l’expo remet au centre.

Le parcours se découpe en cinq temps. Les années pub, le rapport entre le trait et l’écriture, son obsession des masques et des visages, une iconographie gay assumée, et enfin toute la symbolique de la mort qui traverse son travail bien plus qu’on ne le raconte d’habitude. Ça donne un Warhol expérimentateur, qui bricole au tampon, au pochoir, au collage, loin de l’image un peu figée de la star qui signait ses sérigraphies à la chaîne.

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Ce qui me plaît dans le principe, c’est justement ce pas de côté. On a tellement vu les Marilyn et les Mao qu’on avait fini par croire que Warhol se résumait à une machine à reproduire. Le montrer crayon en main, à hésiter, à recommencer, ça le rend soudain beaucoup plus humain. Et beaucoup plus intéressant.

Reste que 150 dessins, il faut aimer ça. Ceux qui viennent chercher le grand frisson pop des affiches connues risquent de trouver le tout un peu austère. Mais pour qui veut comprendre comment Andrew Warhola est devenu Andy Warhol, c’est sans doute l’expo la plus maligne de la rentrée parisienne.

C’est ouvert tous les jours, avec une nocturne le lundi jusqu’à 22h. De quoi caler la visite tranquillement après le boulot.

Crédit photo : The Andy Warhol Museum / Musée du Luxembourg

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