Culture

Andrew Scott tient tête à Eisenhower à 72 heures du Débarquement, et Pressure transforme un bulletin météo en pur suspense

posted by Vincent 8 septembre 2026
Affiche officielle du film Pressure d'Anthony Maras, avec Brendan Fraser en general Eisenhower et Andrew Scott en meteorologue James Stagg

On connaissait le 6 juin 1944 par les plages, les péniches et les cimetières. Pressure, en salle mercredi, le raconte par une porte que personne n’ouvre jamais : la météo.

Anthony Maras, qu’on avait découvert avec Hotel Mumbai, adapte une pièce de David Haig créée en 2014 et installe sa caméra dans un manoir anglais du 19e siècle, Southwick House, transformé en QG allié. Là, un météorologue écossais de la RAF, James Stagg, doit livrer la prévision la plus lourde de conséquences du siècle. Lancer l’invasion le 5 juin, ou pas.

Andrew Scott campe ce Stagg, et c’est lui qui tient tout le film. Têtu, un peu rêche, incapable de faire de la diplomatie, il refuse de plier ses relevés aux impatiences du haut commandement. En face, le colonel américain Krick, joué par Chris Messina, annonce un ciel clément. Stagg, lui, voit arriver une tempête. Deux cartes, deux prévisions opposées, des dizaines de milliers d’hommes sur la sellette.

Autour, Brendan Fraser prête sa carrure au général Eisenhower, celui qui devra trancher. Kerry Condon joue le lieutenant Kay Summersby et Damian Lewis un Montgomery pressé d’en découdre. Ajoutez à ça l’épouse de Stagg, enceinte, dont l’hôpital est bombardé, et le huis clos gagne une couche personnelle qui l’empêche de tourner à la simple reconstitution.

Le Jour le plus long, Cornelius Ryan

Pour prolonger le film cote recit, le classique de Cornelius Ryan qui raconte le 6 juin 1944 a hauteur d’hommes :

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Alors oui, ça reste très bavard. Pas de plages ici, pas de fracas, mais des couloirs, des cartes punaisées, des hommes qui s’engueulent autour d’une table pendant que le baromètre décide de l’Histoire. Plusieurs critiques français y ont vu un film de bureau, et ils n’ont pas tout à fait tort. Sauf que voilà, quand la tension d’un film tient entièrement à un désaccord sur un front froid, et qu’on retient quand même son souffle, c’est qu’il se passe quelque chose.

La presse anglo-saxonne a d’ailleurs été plus généreuse, autour de 86 % d’avis positifs, avec un mot qui revient partout : Scott. Le film dure cent minutes, ne s’éparpille jamais, et rappelle un fait qu’on oublie souvent : c’est bien cette prévision qui a poussé Eisenhower à repousser le Débarquement du 5 au 6 juin, en s’engouffrant dans une maigre accalmie.

Pour qui aime les films de guerre sans balles et les grands moments d’Histoire vus par la petite lucarne, c’est tout indiqué. Les autres trouveront le temps long. Moi, j’ai marché.

Crédit photo : StudioCanal

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