
On croyait le vieux Dickens condamné aux fiches de lecture et aux résumés de terminale. MGM+ vient de prouver le contraire.
Depuis le 6 septembre, la chaîne diffuse A Tale of Two Cities, une adaptation en quatre épisodes du roman de 1859, ce pavé qui fait la navette entre Londres et Paris à la veille de la Terreur. Et pour une fois, le casting a de quoi retenir un spectateur français. François Civil y campe Charles Darnay, l’aristocrate qui renie son sang, face à Kit Harington en Sydney Carton, l’avocat désabusé qui noie son talent dans le gin. Deux hommes, une seule femme, Lucie Manette, jouée par Mirren Mack. Guillaume Gallienne complète le tableau en docteur Manette, ce père qu’on croyait mort et qui ressort de dix-huit ans de cachot.
Le scénariste Daniel West ne s’est pas contenté de filmer le livre page à page. Il a avancé l’histoire de 1775 à 1782, histoire de sentir tout de suite l’odeur de poudre de la Révolution qui monte. Darnay devient le messager qui annonce à Lucie que son père est vivant, avant de se faire arrêter pour trahison. Carton, d’ordinaire cantonné à l’ombre d’un confrère plus ambitieux, passe au premier plan comme avocat de la défense. Et le triangle amoureux, plutôt sage chez Dickens, se transforme ici en rivalité franchement électrique.
Pour (re)decouvrir le roman de Dickens avant la serie, l’edition Folio a petit prix.
Un conte de deux villes (Folio) → voir sur Amazon
Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.
Le pari est clair. Quatre épisodes nerveux, vendus comme un thriller d’époque, où le rythme prime sur les longues digressions sociales du roman. On y gagne en tension ce qu’on perd sans doute en ampleur. Le tournage bilingue, avec des comédiens anglais et français qui parlent chacun leur langue, évite au moins l’écueil habituel, cette France de carton-pâte qui ressemble à Londres avec un béret.
La vraie question, celle qui décidera de tout : est-ce que la série préserve la puissance du sacrifice final de Carton, ce sommet du roman ? Impossible de trancher après un seul épisode. Mais Harington, qui parle d’une histoire « étonnamment actuelle », n’a pas complètement tort. Deux villes, deux mondes qui se regardent en chiens de faïence, la colère des uns face au confort des autres… on a connu métaphore plus datée.
Côté diffusion, c’est MGM+ aux États-Unis et la BBC outre-Manche, un épisode par dimanche jusqu’à la fin du mois. L’arrivée en France reste à confirmer. Mais rien que pour voir Civil et Gallienne se glisser dans du grand Dickens, ça vaut le coup de guetter.
Crédit photo : MGM+





